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Nigeria: Boko Haram tue au moins 35 personnes et en enlève 185 autres

18/12/2014 12:42 EST | Actualisé 17/02/2015 05:12 EST

MAIDUGURI, Nigeria - Des islamistes ont tué au moins 35 personnes et en ont enlevé 185 autres dimanche dans le nord-est du Nigeria, près du village où quelque 300 écolières avaient été kidnappées en avril.

Les personnes enlevées sont principalement des jeunes femmes, des enfants et les membres d'une milice qui lutte contre le groupe Boko Haram, selon des résidents. Plusieurs maisons ont aussi été incendiées.

L'adolescent Aji Ibrahim, qui s'est engouffré dans les buissons lors de l'attaque, se considère chanceux d'avoir échappé aux assaillants.

«C'est certain qu'ils étaient des membres de Boko Haram. Ils chantaient "Allahu akbar" (Dieu est grand) alors qu'ils tiraient sur des gens et qu'ils enflammaient des résidences», a-t-il indiqué.

Le village de Gumburi a été attaqué dimanche soir, mais c'est seulement jeudi que la nouvelle de l'attaque a été annoncée, parce que les extrémistes ont détruit les tours de communication dans la région. Les résidents du village ont dû marcher pendant des jours pour fuir la zone attaquée.

Gumburi se trouve à 20 kilomètres de Chibok, une ville du nord-ouest du Nigeria où 276 écolières ont été enlevées en avril. Des dizaines ont pu s'échapper, mais 219 d'entre elles manquent toujours à l'appel.

Leur capture avait attiré l'attention de la communauté internationale, qui a critiqué le président nigérian Goodluck Jonathan et l'armée du pays pour ne pas avoir retrouvé les jeunes filles. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Chine avaient d'ailleurs envoyé des experts et des négociateurs au Nigeria pour favoriser leur libération.

Dans une vidéo publiée récemment, le chef de Boko Haram, Aubakar Shekau, a affirmé que les jeunes filles faisaient partie de «l'histoire ancienne».

Certains avancent que les filles auraient été mariées et même utilisées comme chair à canon dans les attentats suicides contre la population. Dans les dernières semaines, plusieurs attaques ont été perpétrées par des femmes kamikazes au Nigeria.

Environ 1,3 million de personnes ont été chassées de chez elles par la rébellion islamiste qui a éclaté il y a cinq ans dans le nord du pays.

Par ailleurs, un avocat des droits de la personne a révélé jeudi que 54 soldats nigérians avaient été condamnés à mort pour avoir embarrassé l'armée en réclamant des armes supplémentaires pour combattre les extrémistes islamistes.

L'avocat de la défense Femi Falana a indiqué qu'il ferait tout en son pouvoir pour éviter l'application de ce «verdict génocidaire».

Selon M. Falana, les soldats, âgés de 21 à 25 ans, n'avaient pas été bien entraînés lorsqu'ils ont été dépêchés sur le terrain pour combattre les militants de Boko Haram.

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