POLITIQUE
18/12/2014 05:07 EST | Actualisé 18/12/2014 05:08 EST

À bord de la Station spatiale internationale, Russes et Américains ne parlent pas politique

NASA HQ PHOTO/Flickr
Expedition 41 backup crew members, Flight Engineer Scott Kelly of NASA, left, Soyuz Commander Gennady Padalka of Roscosmos, center, and Flight Engineer Mikhail Kornienko of Roscosmos, right, are seen during a press conference held at the Cosmonaut Hotel in Baikonur, Kazakhstan on Wednesday, Sept. 24, 2014. The prime crew of Flight Engineer Barry Wilmore of NASA, Soyuz Commander Alexander Samokutyaev, of Roscosmos, and Flight Engineer Elena Serova of Roscosmos are set to launch to the International Space Station on Sept. 26 from the Baikonur Cosmodrome. Photo Credit: (NASA/Joel Kowsky)

Dans l'espace «nous ne parlons pas politique»: l'astronaute américain Scott Kelly et le cosmonaute russe Mikhail Kornienko, qui rejoindront en mars la Station spatiale internationale pour un an, n'entendent pas laisser les tensions entre Washington et Moscou envahir l'ISS.

Les deux vétérans de l'espace, qui se préparent au séjour le plus long dans l'ISS depuis son premier visiteur en 2000, ont présenté jeudi à Paris leur mission scientifique conjointe, lors d'une conférence de presse à l'UNESCO.

Ils sont chargés d'étudier les effets sur le corps humain d'une présence prolongée dans l'espace en vue de missions habitées longues.

Les Américains envisagent en effet un premier voyage vers la planète Mars à l'horizon 2030, grâce à leur nouvelle capsule Orion encore en phase d'essais.

Le record de temps passé d'affilée dans l'espace est détenu par le Russe Valeri Poliakov qui a vécu plus de 14 mois à bord de la station spatiale Mir en 1995.

Le programme de recherche américano-russe que vont conduire les deux hommes atteste que dans l'espace, la coopération entre Washington et Moscou se poursuit en dépit des tensions diplomatiques provoquées par le conflit ukrainien dans lequel la Russie est engagée.

«Nous devons compter les uns sur les autres. Nos vies en dépendent. Mikhail doit pouvoir compter sur moi en cas de risque. Nous n'abordons pas les questions politiques entre nos deux pays», explique Scott Kelly, 50 ans. «Nous sommes de grands amis, nous sommes des professionnels».

«Il n'y a aucune frontière dans l'espace», renchérit Mikhail Kornienko, 54 ans. «C'est un bel exemple de la façon de travailler ensemble, surtout pour les politiques sur terre», a-t-il ajouté.

Les sanctions décrétées par les États-Unis contre la Russie au printemps, et qui vont être renforcées, épargnent jusqu'à présent la coopération spatiale.

«Optimiste»

Si tout se passe comme prévu, à l'issue de cette mission, Scott Kelly, ancien pilote de l'Aéronavale américaine, deviendra l'Américain qui aura réalisé le vol le plus long dans l'espace.

«J'aime les défis. Cette mission est très enthousiasmante», a déclaré Kelly, qui a déjà passé six mois d'affilée dans l'espace. «Rester deux fois plus longtemps, cela m'a paru finalement intéressantx, a souligné l'astronaute, au crâne lisse et aux fines lunettes.

Les vols de longue durée "sont un défi" sur le plan médical car ils peuvent entraîner une atrophie musculaire, une perte de la masse osseuse, des troubles de la vision. Cela peut avoir un impact sur le système immunitaire et les radiations peuvent avoir des conséquences sur le corps, a-t-il reconnu.

"S'il faut un jour voyager trois ans pour aller sur Mars, il faut comprendre comment cela se passe pour le corps", a ajouté l'astronaute.

Scott Kelly espère que le premier vol vers Mars se fera "de son vivant". "Nous avons la technique. C'est une question de volonté politique et d'investissement financier", a-t-il dit, évoquant lui un horizon de 30 à 40 ans.

Mikhail Kornienko, cheveux grisonnants et moustache - il est déjà grand-père -, pense que cela arrivera peut-être même avant. "Je suis optimiste", a déclaré cet ingénieur. "Pour cela, nous devons mutualiser nos efforts. Cela ne doit pas être seulement un pays", a-t-il considéré. "Nous n'y arriverons qu'ensemble".

Seize pays participent à l'ISS, dont la Russie et les Etats-Unis, qui en financent la plus grande partie. Les missions n'avaient pas excédé six mois jusqu'à présent.

Mis en orbite en 1998, cet avant-poste et laboratoire orbital, dont la construction a coûté au total 100 milliards de dollars, a vu sa durée de vie prolongée de quatre ans en janvier par la Nasa, soit jusqu'à 2024.

En revanche, pour le moment la Russie et l'Europe ne se sont engagés à la financer que jusqu'en 2020.

Actuellement, la Nasa dépend entièrement de la Russie pour envoyer ses astronautes sur l'ISS, à 70 millions de dollars le siège dans les fusées Soyouz.

Mais l'agence spatiale américaine a sélectionné en septembre SpaceX et Boeing pour construire les deux premiers vaisseaux spatiaux privés de transport de personnes vers l'ISS et potentiellement d'autres destinations orbitales.

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