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Le procureur de la FIFA Michael Garcia démissionne; n'a plus confiance en Eckert

17/12/2014 11:27 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

GENÈVE - L'avocat américain qui a mené l'enquête sur le processus d'octroi des Coupes du monde de football de 2018 et 2022 a démissionné du comité d'éthique de la FIFA, mercredi, afin de protester contre la gestion des conclusions de son travail.

Michael Garcia a évoqué «un problème de leadership» à la direction de la FIFA, dans un communiqué annonçant sa démission. Il a ajouté qu'il avait perdu toute confiance dans l'indépendance d'esprit de son collègue du comité d'éthique, le juge allemand Joachim Eckert.

L'ex-procureur américain a démissionné au lendemain de la décision du comité d'appel de la FIFA de refuser d'entendre sa plainte sur les conclusions d'Eckert à la suite du dépôt de son rapport d'enquête confidentiel faisant 430 pages.

La Russie a obtenu l'organisation de la Coupe du monde de 2018 et le Qatar a reçu celle de 2022.

Mercredi, Garcia a allégué que Eckert avait mal interprété ses conclusions.

«La décision d'Eckert m'a fait perdre confiance dans l'indépendance du tribunal, (mais) c'est le manque de leadership sur ces enjeux à l'intérieur même de la FIFA qui me pousse à tirer la conclusion que mon rôle dans ce processus est terminé», a écrit Garcia.

Dans sa lettre de démission, Garcia a aussi remis en doute la volonté de la FIFA de véritablement procéder à des réformes, après des années de scandales et de critiques à son égard.

«Aucun comité de gouvernance indépendant, aucun enquêteur, ni aucun comité d'arbitrage ne peut changer la culture d'une organisation», a-t-il évoqué.

Garcia a aussi révélé que le comité exécutif de la FIFA, mené par le président Sepp Blatter, avait tenté de lancer un processus disciplinaire contre lui en septembre pour «avoir supposément enfreint le code d'éthique en émettant des commentaires publics». La tentative a été rejetée par le président du comité de discipline de la FIFA.

Depuis que Garcia et son équipe ont présenté leur rapport au début du mois de septembre, des désaccords évidents étaient apparus entre le procureur et le juge. Eckert semblait adopter davantage la position de la FIFA dans son approche et son opinion sur la façon dont le comité d'éthique pouvait utiliser ses pouvoirs, attisant ainsi la colère de Garcia.

Leur relation professionnelle s'est détériorée par le dépôt d'un rapport de 42 pages d'Eckert publié par la FIFA le mois dernier dans lequel on suggère que l'enquête sur le processus d'octroi de la Coupe du monde de football devrait être abandonnée en raison du manque de preuves.

Eckert a indiqué que tout acte de corruption ou de méfait était anecdotique et que ça n'avait pas influencé l'issue du scrutin de décembre 2010 du comité exécutif de la FIFA.

Néanmoins, en raison de l'interdit de publication du rapport de Garcia en vertu du code d'éthique de la FIFA, les détracteurs de l'organisation n'ont pu se fier qu'aux déclarations de Garcia pour accuser la Russie et le Qatar de corruption.

«Il semble que, du moins dans un avenir à court terme, la décision d'Eckert sera la dernière rendue dans le dossier du processus d'octroi des Coupes du monde de 2018 et 2022», a conclu Garcia.

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