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16/12/2014 01:13 EST | Actualisé 15/02/2015 05:12 EST

Pétrole: la flexibilité fiscale d'Ottawa diminue, dit Stephen Harper

QUÉBEC - La baisse du prix du pétrole réduira la flexibilité fiscale du gouvernement fédéral sans compromettre l'atteinte de l'équilibre budgétaire l'an prochain, a déclaré mardi le premier ministre Stephen Harper.

Lors d'une conférence de presse, M. Harper a répondu à une question d'un journaliste lui demandant si cette situation pourrait compromettre les baisses d'impôts promises par les conservateurs cet automne.

Sans préciser concrètement l'impact, M. Harper a néanmoins admis que la faiblesse des cours du brut diminuait à court terme la marge de manoeuvre fiscale du gouvernement fédéral.

«Évidemment, il y a des effets sur nous par cette baisse du prix du pétrole, a-t-il dit. C'est important, ça va réduire notre flexibilité, mais ça ne va pas éliminer l'équilibre budgétaire, qui est certain.»

M. Harper a trouvé dans la baisse du prix du pétrole un prétexte pour faire une nouvelle fois la leçon au président russe Vladimir Poutine, dont la monnaie nationale, le rouble, est en chute libre.

Le premier ministre canadien a attribué cette situation à la dépendance de l'économie russe au pétrole mais aussi aux répercussions des sanctions économiques occidentales à la suite de la crise ukrainienne.

«Il y a des pays qui sont basés beaucoup plus sur l'industrie pétrolière que le Canada, je pense certainement à la Russie, où je remarque des problèmes à cause de ces développements et de la mauvaise gestion de cette économie», a-t-il dit.

M. Harper a affirmé que ces sanctions sont le résultat des positions agressives de M. Poutine, qu'il a invité à plus de retenue.

«Je continue à inviter M. Poutine à respecter la sécurité et l'intégrité territoriale de ses voisins et à se comporter d'une façon moins agressive envers la communauté internationale», a-t-il dit.

Mardi, M. Harper a annoncé 35,7 millions $ en dépenses pour la réfection d'infrastructures patrimoniales dans le Vieux-Québec, principalement pour des travaux sur les fortifications qui entourent la haute-ville.

Ces travaux porteront également sur la réfection de la maçonnerie de la redoute Dauphine, construite en 1712, et de la maison Maillou, bâtie en 1737.

M. Harper a fait cette annonce dans les vestiges du château Saint-Louis, que le fondateur de Québec, Samuel de Champlain, a fait construire, des ruines maintenant exposées sous la terrasse Dufferin.

À l'approche des élections fédérales, prévues l'an prochain, M. Harper a reconnu que la région de Québec demeure une tête de pont pour les conservateurs, qui ont néanmoins subi les effets de la vague néo-démocrate au scrutin de 2011, ce qui leur a fait perdre des sièges.

«J'aime toujours visiter Québec, a-t-il dit. Évidemment, nous avons un appui important ici mais je vais laisser les élections d'octobre 2015. Pour l'instant nous faisons des annonces importantes ici et évidemment nous sommes très fiers de notre bilan.»

L'ancienne députée conservatrice Sylvie Boucher, défaite à la dernière élection, tentera notamment un retour dans la circonscription de Beauport/Côte-de-Beaupré/Île-d'Orléans/Charlevoix.

Un des cinq élus conservateurs au Québec, le député Jacques Gourde, a affirmé que le député de la Coalition avenir Québec, Gérard Deltell, serait accueilli à bras ouverts s'il décidait de quitter son siège à l'Assemblée nationale pour se joindre à l'équipe de M. Harper.

«C'est un ancien chef de l'Action démocratique du Québec, c'est sûr que pour nous c'est un beau symbole, mais la décision lui revient carrément, a-t-il dit. S'il veut venir avec nous autres il va être le bienvenu. Mais compte tenu qu'il est déjà député, il a une grande décision à prendre. (...) La balle est dans son camp.»

M. Gourde a affirmé que quatre ou cinq bonnes circonscriptions seraient ouvertes à M. Deltell, qui représente actuellement Chauveau, dans la banlieue au nord de la capitale.

«Si vous pensez à tous les comtés que la CAQ a pu avoir obtenus, nous autres on vise un peu l'ensemble de ces comtés-là. C'est des gens qui sont proches de nous, des jeunes familles, les gens travaillent fort», a-t-il dit.

M. Harper a préféré demeurer plus réservé concernant la candidature éventuelle de M. Deltell, minimisant son rôle dans le choix des candidats qui porteront les couleurs conservatrices.

«Ce sont les militants dans les circonscriptions qui déterminent leur candidat, a-t-il dit. J'ai un rôle franchement mineur dans le processus et nous respectons le processus de la démocratie. Mais je pense que nous avons des bonnes possibilités ici et je suis très optimiste envers les candidatures aussi.»

Présent à l'annonce, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est réjoui des efforts de M. Harper pour faire élire l'ancienne gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, il y a deux semaines.

M. Labeaume mise sur l'arrivée de Mme Jean pour élargir la francophonie et mieux exprimer le sentiment d'urgence pour la survie de la culture francophone, bien réel en Amérique du Nord.

«J'ai des ambitions dans la francophonie et je n'ai pas senti qu'on était bien bien écoutés, ou qu'on nous a pris beaucoup en considération», a-t-il dit.

«Alors avec Mme Jean, et j'en ai discuté avec elle, ça nous donne beaucoup d'espoir. Je le dis souvent: il y a 11 millions de locuteurs francophones aux États-Unis et on ne s'en occupe pas. Je ne sais pas comment on peut se permettre de laisser ces francophones et francophiles là sur la touche alors que c'est un des deux pays les plus forts au monde. Je me dis qu'il faut faire affaire avec ces gens-là, mais visiblement personne ne me comprend.»

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