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16/12/2014 07:51 EST | Actualisé 15/02/2015 05:12 EST

Prise d'otages: l'Australie est en deuil

ASSOCIATED PRESS
Australian Prime Minister Tony Abbott and his wife Margie pay their respect to the victims of the siege in Martin Place in Sydney central business district, Australia. Tuesday, Dec. 16, 2014. Abbott has laid flowers at a makeshift memorial in Sydney for the victims of a central city cafe siege which left three people dead. (Photo: Steve Christo)

SYDNEY - Des Australiens en pleurs ont déposé mardi des gerbes de fleurs là où deux otages ont été tués quand la police a donné l'assaut pour libérer les 17 personnes qui étaient retenues par un soi-disant religieux musulman — un homme que le premier ministre a décrit comme un individu gravement perturbé en proie à un fantasme malade.

La crise de 16 heures a pris fin tôt mardi matin quand les policiers ont pénétré en force dans le café Lindt. Ils ont alors abattu le preneur d'otages de 50 ans, Man Haron Monis, lors d'une opération qui a fortement ébranlé une nation fière de sa tradition pacifique.

Lors d'une conférence de presse au cours des dernières heures, le premier ministre Tony Abbott a déclaré que l'Australie vient de se frotter au terrorisme pour la première fois en 35 ans. Il s'est aussi demandé comment un individu comme Monis, qui a un long casier judiciaire, a pu être en mesure de poser un geste pareil.

«Comment est-ce que quelqu'un qui a un passé aussi troublé peut ne pas se trouver sur les listes de surveillance appropriées? Comment est-ce que quelqu'un comme ça peut être en liberté dans la communauté?, s'est interrogé M. Abbott. Ce sont des questions que nous devons examiner soigneusement et calmement et méthodiquement. Et c'est ce que nous ferons au cours des prochains jours et des prochaines semaines.»

D'autres ont demandé comment un suspect au passé aussi lourd pouvait profiter d'une liberté sous caution et comment il a pu se procurer un fusil de chasse dans un pays où la possession d'armes à feu est strictement encadrée.

Des montagnes de fleurs s'accumulaient mardi matin devant le café Lindt de Martin Place, une place publique au coeur du quartier financier et commercial de la métropole australienne bondée de gens qui font leurs emplettes des Fêtes à cette période de l'année. Monis a fait irruption dans le café vers 9 h 45 lundi, prenant 17 personnes en otage.

M. Abott a lui aussi déposé des fleurs. Il a voulu présenter Monis comme un individu détraqué plutôt que comme un fanatique religieux. Il a ensuite déclaré que les victimes étaient des «gens honnêtes et décents qui se sont retrouvés coincés dans le fantasme malade d'un individu profondément troublé».

M. Abott a ajouté que l'attentat démontre que l'Australie n'est pas immunisée à la violence qui a touché d'autres pays, mais il ne craint pas que les gestes de Monis soient imités par d'autres.

«Il n'y avait rien de constant au sujet de cet individu à part le fait qu'il était constamment bizarre, a-t-il dit. Je ne pense pas que c'est quelque chose que d'autres voudront copier.»

Monis était dans la mire des dirigeants depuis longtemps. Il a écopé l'an dernier de 300 heures de travaux communautaires pour avoir envoyé des lettres insultantes aux familles de soldats morts en Afghanistan. Il a ensuite été accusé de complicité en lien avec la mort de son ancienne épouse. Plus tôt cette année, il a été accusé d'une agression sexuelle commise en 2002.

Les policiers ont donné l'assaut vers 2 h mardi, après avoir entendu des coups de feu à l'intérieur. Les deux otages tués sont une avocate de 38 ans, Katrina Dawson, et le gérant de 34 ans du café, Tori Johnson.

La police n'a pas révélé s'ils ont été tués par Monis ou par les tirs des policiers. Mais lors d'une cérémonie commémorative, l'archevêque catholique de Sydney, Anthony Fisher, a dit que M. Johnson a précipité la fin de la crise.

«Saisissant apparemment une occasion, Tori s'est emparé du fusil. Tragiquement, le coup est parti, le tuant. Mais cela a entraîné l'intervention de la police et la libération éventuelle de la plupart des otages, a dit Monseigneur Fisher. Des informations indiquent aussi que Katrina Dawson protégeait une amie enceinte des coups de feu. Ces héros étaient prêts à sacrifier leurs vies pour que d'autres puissent vivre.»

Mme Dawson était la mère de trois enfants.

Quatre personnes ont été hospitalisées après avoir été blessées par balles, trois femmes et un policier.

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