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15/12/2014 06:32 EST | Actualisé 14/02/2015 05:12 EST

La prise d'otages de Sydney, en Australie, a fait trois morts, dont le ravisseur

SYDNEY - Au moins trois personnes ont été tuées et quatre autres blessées lors de l'opération policière qui a mis un terme, tôt mardi matin, à une prise d'otages qui durait depuis 16 heures dans un café de Sydney, en Australie.

Les policiers ont donné l'assaut après avoir entendu des coups de feu tirés à l'intérieur du café Lindt Chocolat, a indiqué le commissaire de la police d'État de Nouvelle-Galles du sud, Andrew Scipione. «Ils ont pris cette décision parce qu'ils craignaient que s'ils n'entraient pas immédiatement, on pourrait déplorer plusieurs autres morts.»

Le preneur d'otages, un homme d'origine iranienne, compte parmi les victimes, a indiqué la police australienne. Les autres morts sont un homme de 34 ans et une femme de 38 ans, mais le commissaire Scipione n'a pas voulu préciser si ces otages avaient été tués par le ravisseur ou s'ils avaient été touchés par les tirs croisés. Un policier, atteint d'une balle au visage, figure au nombre des blessés.

Le preneur d'otages s'appelle Man Haron Monis, qui a déjà été poursuivi pour avoir envoyé des lettres d'insultes aux familles de soldats australiens morts en Afghanistan entre 2007 et 2009.

L'assaut de la police a eu lieu après qu'on a entendu un violent bruit, semblable à une explosion, et que cinq personnes sortent en courant du café. Au début de la prise d'otages, 17 personnes avaient été séquestrées. L'opération policière finale a donné lieu à un échange nourri de coups de feu.

Monis était depuis longtemps dans la mire des autorités australiennes: en plus d'être condamné pour ses lettres menaçantes, il a été accusé plus tard de complicité relativement au décès de son ex-épouse. Plus tôt cette année, il a été accusé d'une agression sexuelle commise en 2002, et il jouissait d'une libération sous caution dans cette affaire.

«Ce n'est pas un acte de terrorisme planifié: c'est un individu détraqué qui a posé un geste horrible, a dit l'ancien avocat de Monis, Manny Conditsis, à l'Australian Broadcasting Corporation. Son idéologie est si puissante qu'elle altère son objectivité et son bon jugement.»

La crise avait éclaté vers 9 h 45, lundi matin, dans Martin Place, une place publique au coeur du quartier financier et commercial de la métropole australienne bondé de gens qui font leurs emplettes des Fêtes à cette période de l'année. La police a rapidement bouclé le secteur et évacué les immeubles de bureaux du quartier situé tout près de l'édifice du parlement de l'État et de l'opéra de Sydney. Pendant toute la journée de lundi, on a vu plusieurs otages coller leurs mains en l'air sur les vitres du café.

Plusieurs groupes australiens musulmans ont publié un communiqué conjoint dans lequel ils condamnent cette attaque. Ils ont ajouté que l'inscription sur le drapeau arboré aux fenêtres du café témoigne «d'une foi qui a été dévoyée». En guise de solidarité, des milliers d'Australiens ont offert sur Twitter d'accompagner en public des musulmans qui craindraient des représailles. Le mot-clic #IllRideWithYou avait été utilisé plus de 90 000 fois en fin de soirée lundi.

«C'est un incident très troublant, a dit le premier ministre australien, Tony Abbott. Il est profondément choquant de voir que des innocents soient retenus en otage par un homme armé qui prétend avoir des motivations politiques.»

Au Canada, le premier ministre Stephen Harper a condamné la prise d'otages et a offert les condoléances du pays aux proches des victimes. «Le Canada partage le deuil des Australiens, et nous sommes aussi outrés de cet acte barbare éhonté commis contre des civils innocents qui vaquaient simplement à leurs occupations quotidiennes», a-t-il déclaré par voir de communiqué.

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