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14/12/2014 04:47 EST | Actualisé 12/02/2015 05:12 EST

Le premier ministre d'Haïti cède à la pression populaire et démissionne

PORT-AU-PRINCE, Haiti - Le premier ministre d'Haïti, Laurent Lamothe, a annoncé sa démission tôt dimanche matin, tout comme plusieurs des ministres de son gouvernement, dans la foulée des violentes manifestations antigouvernementales où il était appelé à quitter son poste.

Dans un discours diffusé après minuit, M. Lamothe a dit quitter ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli.

Le président haïtien, Michel Martelly, avait indiqué précédemment qu'il acceptait la recommandation en ce sens de la commission qu'il a nommée la semaine dernière dans le but de procéder à la création d'un nouveau gouvernement.

M. Martelly avait nommé Laurent Lamothe au poste de premier ministre en 2012, et certains analystes politiques croient que ce dernier pourrait briguer la présidence à la prochaine élection.

Sa démission complique toutefois la situation politique actuelle, parce que la nomination d'un nouveau premier ministre exige l'approbation du Parlement, et on ignore si un successeur sera nommé avant la dissolution du Parlement, en janvier. Auteur du livre «Notes from the Last Testament: The Struggle for Haiti», Michael Deibert a fait remarquer en entrevue que Laurent Lamothe était la troisième nomination au poste de premier ministre de Michel Martelly, après un long processus de sélection.

«Sans un parlement en fonction et sans premier ministre, j'ai bien peur que janvier soit tumultueux», a-t-il confié par téléphone depuis Cap-Haïtien.

Il craint aussi que l'instabilité politique n'ébranle la confiance de la population en son gouvernement et celle de la communauté internationale en Haïti, notamment pour l'investissement. «Ce n'est pas une image qu'Haïti veut projeter au monde», a-t-il dit.

Les manifestations sont fréquentes et violentes à Port-au-Prince, dernièrement. Les manifestants réclament la tenue d'élections retardées depuis 2011 et les démissions de MM. Lamothe et Martelly.

L'administration Martelly jette le blâme du retard des élections sur six sénateurs de l'opposition, qui prétendent qu'une loi qui autoriserait la tenue d'élections favorise la gouvernement.

Le comité mis sur pied pour trouver une solution à l'impasse politique recommandait la démission de M. Lamothe ainsi que celle du dirigeant de la Cour suprême et les membres du conseil électoral. Il réclamait aussi la libération de plusieurs prisonniers politiques. Le président Martelly a affirmé qu'il rencontrerait mardi les responsables du gouvernement pour discuter du rapport de la commission.

Les responsables de l'administration soutiennent que le gouvernement veut tenir des élections. Le mandat de 10 sénateurs arrive à échéance à la mi-janvier et le parlement sera dissous, ce qui signifie que M. Martelly dirigera le pays par décret.

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