NOUVELLES
14/12/2014 10:06 EST | Actualisé 14/12/2014 10:06 EST

Élections au Japon : victoire du gouvernement sortant

TOSHIFUMI KITAMURA via Getty Images
Japanese Prime Minister and ruling Liberal Democratic Party (LDP) president Shinzo Abe answers a question during a television interview at the party headquarters in Tokyo on December 14, 2014. Japanese Prime Minister Shinzo Abe won comfortable re-election December 14 in a snap poll he had billed as a referendum on his economic policies after early success faded into a recession. AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMURA (Photo credit should read TOSHIFUMI KITAMURA/AFP/Getty Images)

Le parti du Premier ministre japonais Shinzo Abe a remporté dimanche une large victoire aux élections législatives que le chef du gouvernement conservateur avait provoquées et transformées en referendum pour ou contre sa politique économique "abenomics".

Selon les estimations de la chaîne publique NHK, le Parti Libéral Démocrate (PLD, droite) aurait obtenu entre 275 et 306 des 475 sièges en jeu, et pourrait conserver une majorité des deux tiers de la chambre basse avec son allié centriste Nouveau Komeito.

Ce parti aurait pour sa part obtenu entre 31 et 36 sièges, contre 31 députés sortants. Le PLD en avait 295.

Les autres médias donnent des chiffres proches, tout en étant plus affirmatifs quant à la garantie pour la coalition PLD/Nouveau Komeito de garder les deux tiers de la chambre des députés, majorité permettant de valider des lois même en cas de désaccord du Sénat, lequel est de toute façon également dominé par le PLD.

La victoire de la formation de M. Abe ne constitue pas une surprise, tant l'opposition, divisée, était tout sauf en ordre de marche.

Emiettée et prise au dépourvu par un scrutin qui, selon elle, n'avait pas de raison d'être, elle n'est pas parvenue à entamer la suprématie du PLD qui domine la vie politique nippone depuis six décennies, à quelques courtes années près.

D'après la NHK, le Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), deuxième formation du pays, ne recueillerait qu'entre 61 et 87 sièges, ratant la barre des 100 espérée (contre 62 députés sortants).

Près de 105 millions de Japonais étaient convoqués pour voter, mais l'enthousiasme n'y était pas, en raison du manque d'enjeu et d'une météo défavorable dans une partie du pays.

Si M. Abe peut certes s'enorgueillir d'avoir remporté son pari, la participation que le scrutin a suscitée ternit quand même le tableau.

Jamais l'absention - près de 48% - n'avait été aussi forte. Elle est d'environ 7 points supérieure à celle des législatives de décembre 2012, qui avaient déjà été boudées comme jamais par une population de plus en plus dépolitisée.

"C'est très dommage, c'était déjà un plus bas historique la dernière fois, on aurait aimé l'élever", a regretté M. Abe sur la chaîne NHK.

Abenomics: une victoire qui oblige

Le chef du gouvernement, lui-même réélu député dans la préfecture de Yamaguchi (ouest), avait parcouru environ 14 000 km à travers le pays pour faire campagne ces deux dernières semaines, écartant savamment du débat les sujets qui fâchent (relance des centrales nucléaires, réinterprétation de la Constitution pacifiste).

"La coalition a remporté la majorité, il lui appartient désormais de répondre aux attentes des électeurs avec humilité", a-t-il déclaré dimanche soir avec une modestie inhabituelle.

"Les élections législatives désignent la couleur de l'exécutif, et je pense que cette fois elles ont salué les performances du gouvernement Abe depuis deux ans", a-t-il poursuivi.

En dissolvant la chambre basse, il dit avoir voulu demander à la population son avis sur la poursuite de sa politique des "abenomics" censée redresser l'économie.

Depuis sa mise en œuvre fin 2012, cette stratégie a dans un premier temps eu des effets positifs (baisse du yen, retour d'une inflation modérée et regain de croissance), mais elle s'est essoufflée ensuite et le Japon est retombé en récession au troisième trimestre de cette année.

Dans ce contexte, "la victoire va renforcer le capital politique de M. Abe et lui permettre de s'attaquer à des questions difficiles plus confortablement", a estimé Yoshinobu Yamamoto, professeur de sciences politiques à l'Université de Niigata.

"L'économie est la priorité, mais je veux aussi renforcer la pérennité du système de protection sociale ainsi que la place diplomatique du Japon", a répété M. Abe.

"Nous pouvons amorcer un cercle vertueux grâce à l'augmentation des salaires que nous allons demander l'année prochaine et qui devrait aussi se poursuivre l'année suivante avant la prochaine hausse de la taxe sur la consommation que j'ai reportée à avril 2017", a estimé M. Abe sur la chaîne NHK, renvoyant ainsi au secteur privé une partie de la tâche à accomplir.

Pour les économistes, la question-clef est de savoir s'il saura mettre en oeuvre les réformes structurelles promises, difficiles à réaliser mais jugées indispensables pour relancer durablement l'activité du pays.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Voyage au Japon