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14/12/2014 05:22 EST | Actualisé 13/02/2015 05:12 EST

Des journalistes et des policiers hostiles au président turc arrêtés

ANKARA, Turquie - La police turque a arrêté dimanche au moins 24 personnes — dont des journalistes, des producteurs de télévision et des policiers — reconnues pour leur implication dans un mouvement hostile au président Recep Tayyip Erdogan.

Les détenus sont des proches de l'ecclésiastique musulman modéré, Fethullah Gulen, aujourd'hui exilé en Pennsylvanie, qui avait formulé plusieurs critiques à l'égard du pouvoir en place.

Le président Erdogan soupçonne les partisans de M. Gulen d'avoir organisé un putsch contre lui, en propageant des allégations de corruption contre son gouvernement, qui avaient forcé plusieurs de ses ministres à démissionner. M. Gulen avait nié les accusations du président.

Dans un discours livré samedi, le président s'était engagé à «démanteler le réseau de traîtrise et à le faire payer».

L'agence de presse de l'État turc Anadolu a précisé que les tribunaux avaient lancé 32 mandats de perquisition contre des partisans du mouvement, dont 24 ont été arrêtés.

Le rédacteur en chef du journal Zaman Ekrem Dumanli a été interpellé par les policiers à ses bureaux d'Istanbul en direct devant les caméras de télévision du pays. Hidayet Karaca, patron du réseau de télévision Samanyolu, et deux de ses producteurs ont aussi été arrêtés.

Selon Anadolu, les détenus sont soupçonnés «d'intimidation et de menaces» contre le pouvoir.

Quant aux policiers, ils ont été arrêtés en lien avec des enquêtes sur le réseau al-Qaïda, au cours desquelles ils auraient fabriqué des preuves.

Des milliers de personnes se sont rassemblées devant l'édifice du journal Zaman pour contester l'emprisonnement de M. Dumanli.

La chef de la diplomatie européenne Frederica Mogherini et le commissaire de Politique européenne de voisinage et négociations d'élargissement Johannes Hahn ont déclaré que ces arrestations étaient «incompatibles avec la liberté de presse, un principe fondamental de la démocratie».

Les États-Unis, qui se sont décrits comme des «amis et alliés» de la Turquie, ont pressé le président à s'assurer que ces détentions ne portaient pas atteinte aux valeurs démocratiques du pays, a indiqué par voie de communiqué la porte-parole du département d'État, Jen Psaki.

Le Human Rights Watch a déploré la nouvelle frappe contre les médias critiques envers le pouvoir.

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