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14/12/2014 07:50 EST | Actualisé 14/12/2014 07:50 EST

Climat : les négociateurs concluent un accord à Lima

CRIS BOURONCLE via Getty Images
Country representatives clap at the closure and approval of the proposed compromise document handed out during the marathon UN talks in order to meet the final goal of the UN COP20 and CMP10 climate change conferences in Lima on December 14, 2014. UN members on Sunday adopted a format for national pledges to cut greenhouse gases, the heart of a planned pact to defeat climate change. AFP PHOTO/CRIS BOURONCLE (Photo credit should read CRIS BOURONCLE/AFP/Getty Images)

Les pays engagés dans des négociations marathon à la conférence de l'ONU de Lima en vue de limiter le réchauffement climatique sont parvenus dimanche à dépasser un clivage Nord-Sud et à conclure in extremis un accord.

Après deux semaines de pourparlers et plus de 30 heures de prolongation, ils ont adopté par consensus un cadre général pour leurs futurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces engagements ou +contributions nationales+ dans le jargon onusien devront être annoncés l'an prochain, avant le grand rendez-vous de Paris. 

"Lima a fourni une bonne base de travail", a estimé Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères qui avait décidé de retarder son retour en France pour assister à la fin de la conférence. 

Dans la capitale péruvienne, un document, qui servira courant 2015 de base aux négociations préalables à la conférence de Paris, a également été adopté. 

Les émissions mondiales de GES continuent de croître chaque année, alors qu'elles doivent baisser pour que la hausse de la température du globe ne prenne pas une ampleur dangeureuse. Le futur accord de Paris, qui entrera en vigueur en 2020, doit permettre d'initier cette transition. 

Le secrétariat de la Convention de l'ONU sur le changement climatique réalisera pour le 1er novembre 2015 une synthèse agrégeant les différents engagements. Cela permettra de mesurer l'effort global par rapport à l'objectif de limiter la hausse du thermomètre de la planète à 2°C et, sans nul doute, de constater qu'un fossé reste à combler. 

Un accord à Lima était crucial pour que des règles communes soient définies, et que des pays n'utilisent pas un vide pour moins s'impliquer dans la lutte contre le réchauffement inédit de la planète. La Chine a néanmoins obtenu qu'il n'y ait pas d'évaluation des engagements nationaux au regard de la capacité des pays.  

La tâche fut difficile pour Manuel Pulgar-Vidal, le ministre de l'Environnement péruvien, qui présidait les débats. Au delà des séances formelles, le Péruvien a passé de longues heures en consultations avec de nombreux pays pour trouver la voie d'un compromis.

Menaces sur Paris ?  

Du coup, le texte a été jugé bien trop peu ambitieux par les ONG et d'autres acteurs. "Bien que l'Union européenne souhaitait un accord plus ambitieux à Lima, nous croyons que nous sommes en route pour un accord global à Paris, a commenté Miguel Arias Cañete, le commissaire européen chargé du climat et de l'énergie.

"Ce n'est pas parfait, mais nous sommes satisfaits", a déclaré Antonio Marcondes, le négociateur brésilien, pour qui le texte permet de reconnaître "les besoins des pays en voie de développement" .

Harjeet Singh d'ActionAid International, très amer, faisait de l'accord une tout autre lecture: "le texte n'apporte rien de significatif sur les financements, les pertes et dommages, et l'action avant 2020".

"Les négociateurs ont évité le naufrage sur les côtes péruviennes", mais "la faiblesse des résultats de Lima est un appel à continuer la mobilisation", a estimé romain Benicchio. 

Selon Alden Meyer, expert de l'Union of concerned scientists et observateur des débats, "il y a de profondes et anciennes divergences: le financement, quels pays sont davantage obligés à agir pour réduire les émissions et faut-il donner une plus grande priorité à l'adaptation". "Ces divisions ont presque fait capoter le processus de Lima, si on ne les résout pas, elles menacent de bloquer un accord à Paris", prévient-il.

Samedi matin, l'espoir d'arracher rapidement un accord grâce à un nouveau texte rédigé dans la nuit avait été douché par plusieurs interventions des pays en voie de développement.

"Il sera difficile d'accepter des contributions sans mention des financements (dans les contributions des pays développés)", avait déclaré en séance samedi le représentant du Soudan, au nom du groupe Afrique.

"Les contributions doivent tenir compte de l'adaptation" au changement climatique, avait également plaidé sur un ton très ferme le représentant de la Malaisie au nom d'un large groupe de pays.

Le Sud a réclamé aussi, sans succès, des précisions sur les canaux de financement qui doivent permettre d'arriver à 100 milliards de dollars d'aide en 2020.

Faute d'avancées significatives sur ces points, ces pays ont obtenu que le degré de précision des informations à fournir pour les contributions soit assoupli. Le principe de "responsabilité commune mais différenciée" dans le réchauffement, auquel ils tiennent, a aussi été réaffirmé dans l'accord. 

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