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14/12/2014 07:32 EST | Actualisé 14/12/2014 07:33 EST

2014, année de frayeurs pour l'aviation, mais très sûre

MENAHEM KAHANA via Getty Images
Ministry team workers of the emergency situation of the self-declared Donetsk People's Republic and members of the Dutch expert team collect parts of the Malaysia Airlines Flight MH17 at the crash site near the village of Grabove, in eastern Ukraine as they load them on a truck, on November 16, 2014. Work began to remove the wreckage of Malaysia Airlines flight MH17 from rebel-held territory in eastern Ukraine, four months after it was shot down claiming 298 lives. AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA (Photo credit should read MENAHEM KAHANA/AFP/Getty Images)

Si vous n'aviez pas un peu peur de prendre l'avion, les choses pourraient avoir changé en 2014, une année de frayeurs pour le transport aérien, mais malgré tout en train de devenir l'une des plus sûre de l'histoire de l'aéronautique.

Les catastrophes, en particulier celles de Malaysia Airlines entourées de mystères, se sont déroulées dans un monde qui n'a jamais été autant connecté avec internet et les images, confrontant les voyageurs à la cruelle réalité selon laquelle un avion peut tout simplement disparaître ou être abattu en plein vol.

Les événements de 2014 ont ainsi entraîné la première révision majeure des précautions requises en matière de transport aérien depuis des années, et donné en même temps de nouvelles raisons de s'inquiéter à ceux qui n'étaient déjà pas rassurés par l'avion.

"Je n'ai jamais aimé prendre l'avion, mais maintenant c'est une véritable épreuve", confie Marie Lefebvre, une femme d'affaires canadienne basée à Bangkok.

"Certaines choses qui se sont produites cette année sont effrayantes", ajoute-t-elle en évoquant un "sentiment d'impuissance".

Phénomène sans précédent, un Boeing 777-200 de la compagnie malaisienne Malaysia Airlines (vol MH370) a disparu dans la nuit du 8 mars peu après son décollage de Kuala Lumpur, avec à son bord 239 passagers et membres d'équipage, sans laisser jusqu'ici la moindre trace. Plusieurs hypothèses ont été avancées - situation d'urgence à bord, prise d'otage, acte inexpliqué des pilotes - mais le mystère reste entier.

Quatre mois plus tard, une tragédie tout aussi inédite s'est produite avec le crash d'un autre Boeing 777 de Malaysia Airlines (vol MH17) en Ukraine, tuant ses 298 occupants. L'appareil s'est disloqué en vol le 17 juillet, alors qu'il survolait un territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes dans cette ex-république soviétique en proie à d'incessants combats entre forces ukrainiennes et rebelles pro-russes.

Selon l'Ukraine et les Etats-Unis, l'avion a été abattu par un missile sol-air fourni aux rebelles par la Russie, une thèse farouchement contestée par Moscou pointant du doigt les forces ukrainiennes.

Circonstances extrêmement rares

Moins d'une semaine plus tard, un avion de la compagnie taïwanaise TransAsia Airways (vol GE222) s'est écrasé après avoir manqué son atterrissage dans de mauvaises conditions météorologiques près de l'aéroport de l'île de Penghu, à Taïwan, faisant 48 morts et dix blessés.

Le lendemain, un avion d'Air Algérie (vol AH5017) s'est écrasé peu après son décollage dans le nord du Mali, avec 166 passagers et membres d'équipage qui ont tous péri. L'enquête n'a permis d'avancer jusqu'ici aucune piste privilégiée.

Paradoxalement, l'année 2014 est appelée à devenir l'une des plus sûres de l'histoire de l'aviation, avec seulement sept accidents meurtriers sur des vols commerciaux, selon le décompte effectué début décembre par l'organisation Aviation Safety Network.

Il s'agit d'un chiffre infinitésimal compte tenu des millions de vols et milliards de passagers que transportent les avions en une année.

En 2013, 15 accidents meurtriers ont été recensés. Leur nombre s'élève à 32 en moyenne par an depuis 1946.

"Maintenant, la sécurité est telle que les incidents paraissent plus mystérieux et frappants parce que les crashs se produisent seulement dans des circonstances extrêmement rares", explique Gerry Soejatman, un consultant dans l'aviation basé à Jakarta.

"C'est la raison pour laquelle cette année a eu un tel impact. Les accidents sont si rares que nous amplifions ceux qui se produisent", ajoute-t-il.

Toutefois, le nombre de morts et disparus a connu une forte hausse en 2014 avec 762 victimes - nombre le plus élevé depuis 2010 - après un plus bas l'an passé avec 224 morts.

Le trafic n'a pas été affecté pour autant. Le nombre total de passagers a augmenté de 5,8% de janvier à octobre, a indiqué l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Pire cauchemar

Cependant, le mystère du vol MH370 est un défi aux notions modernes de monde interconnecté et hautement surveillé, la traçabilité de l'appareil et les recherches entreprises jusqu'ici ne donnant aucun résultat.

Pour éviter que cela ne se reproduise, les autorités aériennes devraient annoncer bientôt de nouvelles normes de traçabilité des avions, afin de pouvoir rapidement localiser un appareil en cas d'incident.

La révélation selon laquelle les vols ne sont pas constamment traçables "fut une surprise pour beaucoup", constate Raymond Benjamin, secrétaire général de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

"Mais nous avons maintenant un consensus avec l'industrie pour développer un suivi global de tout le trafic, afin d'améliorer le traitement de cas similaires, en particulier pour organiser les recherches en cas d'accident", dit-il.

L'OACI vérifie également si les risques de survol des zones de conflits sont communiquées de manière appropriée, ajoute-t-il en référence à l'avion abattu au-dessus de l'Ukraine. Des propositions seront effectuées à l'assemblée annuelle de l'OACI en février.

Aux yeux de Tom Bunn, gérant d'une société américaine de conseils pour combattre la peur en avion, "la méfiance est si profonde qu'elle va avoir des impacts durables. Des passagers anxieux considèrent (les catastrophes de type Malaysia Airlines) comme leur pire cauchemar".

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