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12/12/2014 10:40 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

Les députés mettent fin à une session parlementaire très mouvementée

OTTAWA - À l'issue d'une session automnale particulièrement intense, les députés fédéraux sont loin de rechigner à l'idée de rentrer dans leurs terres.

Les désaccords sont légion sur la colline du Parlement, mais tous s'entendent sur le fait que la pause des Fêtes, qui a officiellement débuté ce vendredi, sera salutaire.

Le débat sur la participation du Canada à la mission de combat contre le groupe armé État islamique (ÉI), peu après la rentrée parlementaire, aurait aisément pu être le point saillant de l'automne sur la scène politique fédérale.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'y opposait farouchement et se le faisait allégrement reprocher par les conservateurs, le chef du Parti libéral Justin Trudeau accusait le premier ministre Stephen Harper d'être un va-t-en-guerre; tous les ingrédients étaient réunis.

Mais tout cela, c'était avant le 22 octobre — avant qu'un tireur fou ne fasse irruption dans l'édifice du Centre, juste après avoir abattu le caporal Nathan Cirillo à deux pas de là, au monument commémoratif de guerre du Canada.

Bon nombre de députés se trouvaient dans l'édifice du Centre au moment où les coups de feu ont retenti dans le hall d'honneur, et ils ont pour la plupart passé la journée et la soirée séquestrés.

Un mois et demi plus tard, plusieurs d'entre eux sursautent encore sur leurs banquettes ou s'arrêtent de parler en point de presse lorsqu'un soudain bruit de dynamitage se fait entendre — l'édifice de l'Ouest, situé à quelques mètres de la Chambre des communes, subit actuellement des rénovations majeures.

«Je pense que ça a affecté beaucoup de gens; je pense que les gens sont un peu fatigués, émotionnellement peut-être», a suggéré le député libéral Marc Garneau en point de presse, vendredi.

«Les gens savent qu'il y a une grosse année devant nous l'an prochain avec les élections, alors j'espère que tout le monde va avoir une chance de se reposer. Ça va faire du bien», a-t-il complété.

Les élus n'étaient pas encore remis des émotions provoquées par la fusillade qu'un scandale éclatait.

Le 5 novembre, le chef libéral Justin Trudeau expulsait les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews après avoir été mis au courant des allégations de harcèlement formulées à leur endroit par deux élues néo-démocrates.

Ce scandale s'est transformé en guerre ouverte entre le NPD et le Parti libéral.

Alors que le chef Thomas Mulcair et ses troupes accusaient M. Trudeau d'avoir bafoué le droit à la vie privée des victimes présumées en effectuant sa sortie sur la place publique, le chef libéral invoquait le devoir d'agir et la nécessité de leur accorder le bénéfice du doute.

Mais à l'intérieur du caucus néo-démocrate, les choses étaient et sont demeurées harmonieuses, a confié Alexandre Boulerice en entrevue téléphonique.

«Ça nous a soudés aussi comme équipe, on se dit qu'il faut faire attention et prendre soin les uns des autres», a-t-il expliqué.

L'affaire aura également ceci de positif qu'elle a forcé les parlementaires à élaborer des procédures afin de prévenir le harcèlement, selon M. Boulerice.

«Ça a été une espèce de réveil pour tout le monde — dans le caucus du NPD, mais je pense dans les autres aussi — sur le fait que comme milieu de travail, la Chambre des communes n'est pas à l'abri de gestes qui pourraient être posés comme ça», a-t-il plaidé.

Les parlementaires auront plus d'un mois pour prendre un peu de recul. Ils ne siégeront pas avant le 26 janvier 2015.

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