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12/12/2014 06:17 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

L'enquête sur la mort d'un homme aux urgences à Winnipeg déçoit la famille

WINNIPEG - La famille d'un homme mort aux urgences d'un hôpital de Winnipeg estime que l'enquête sur son décès est une «occasion manquée» de soulever le problème du racisme contre les Autochtones dans le système de santé canadien.

Brian Sinclair, amputé des deux jambes, a succombé à une infection de la vessie après avoir attendu 34 heures aux urgences du Centre des sciences de la santé de Winnipeg, il y a six ans.

Le rapport, rendu public vendredi, conclut que M. Sinclair «n'aurait pas dû mourir», mais le juge Tim Preston a refusé de qualifier son décès d'homicide. La famille martelait que l'hôpital avait échoué à lui «fournir les choses nécessaires à l'existence», une infraction au Code criminel.

Les proches de la victime avaient aussi demandé au juge d'inciter le gouvernement manitobain à déclencher une enquête publique sur le traitement des Autochtones dans le système de santé canadien — ce qu'a aussi rejeté le juge Preston.

Le juge a formulé 63 recommandations, qui ciblent particulièrement l'Office régional de la santé de Winnipeg, pour s'assurer qu'un tel drame ne se reproduise pas.

Le cousin de la victime, Robert Sinclair, déplore que le juge se soit attardé seulement aux problèmes structurels des urgences et non au racisme répandu dans le système de santé, selon lui.

«Nous sommes stéréotypés: nous aimons boire, nous sommes sur l'aide sociale. (...) Nous devons aborder ce problème. Est-ce qu'il y a aussi ces stéréotypes dans le système de santé? Parlez à plusieurs Autochtones dans cette ville et ils vous diront que c'est le cas», a-t-il regretté.

Le gouvernement manitobain et les autorités de la santé ont accepté toutes les recommandations du juge, dont celle qui contraint les professionnels de la santé à s'occuper rapidement des personnes vulnérables qui se présentent aux urgences.

La ministre manitobaine de la Santé, Sharon Blady, a tenu à s'excuser une fois de plus auprès de la famille de M. Sinclair, n'excluant pas l'option de tenir une enquête publique.

L'hôpital de Winnipeg a procédé à des changements depuis le drame afin que les infirmières puissent surveiller davantage leurs patients dans la salle d'attente. Les malades doivent maintenant porter des bracelets pour être plus visibles.

Le personnel de la santé recevra aussi une formation sur les différentes cultures.

Brian Sinclair, âgé de 45 ans, s'était rendu aux urgences parce que son cathéter était bloqué. Il est resté dans la salle d'attente pendant des heures, vomissant à plusieurs reprises et agonisant à petit feu.

Il n'est jamais passé au triage et aucune infirmière n'est venue l'aider pendant son séjour.

Les employés qui l'ont vu, inanimé, croyaient que l'homme était ivre ou itinérant. Lorsque son décès a été constaté, son corps était rigide.

Le médecin légiste a conclu que sa mort était évitable, mais il n'a pas cru à la thèse de l'homicide. M. Sinclair est mort «naturellement», selon lui.

Les policiers avaient aussi mené une enquête et aucune accusation criminelle n'avait été déposée.

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