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12/12/2014 07:53 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

Le premier ministre haïtien pourrait démissionner, selon le président Martelly

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le président haïtien Michel Martelly a annoncé vendredi qu'il accueillait favorablement toutes les recommandations d'une commission qu'il avait lui-même mise en place — dont celle qui appelle le premier ministre actuel à démissionner.

M. Martelly avait créé cette commission le 28 novembre pour dénouer l'impasse politique qui retarde constamment la tenue d'élections législatives et municipales. Dans un bref discours télévisé, le président a indiqué que son premier ministre Laurent Lamothe était prêt à faire le sacrifice de démissionner, mais il n'a pas annoncé son départ officiellement. M. Lamothe était avec le président, mais il est resté muet durant son allocution.

Le président Martelly a ajouté qu'il allait rencontrer d'autres membres du gouvernement dans les prochains jours. M. Martelly dit faire toujours confiance à M. Lamothe, qui a contribué à faire avancer le pays, selon lui.

La commission commandée par M. Martelly a remis son rapport cette semaine, dans lequel elle recommande la démission du premier ministre pour permettre la formation d'un gouvernement de consensus. Les commissaires réclament aussi le départ du président de la Cour suprême et des membres du Conseil électoral provisoire — qui fait l'objet de plusieurs allégations de fraude électorale.

Le rapport appelle aussi à la libération immédiate de «prisonniers politiques».

L'annonce de M. Martelly est survenue quelques heures après une manifestation violente à Port-au-Prince, durant laquelle des Casques bleus et des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes aux manifestants.

Les milliers d'Haïtiens réunis dans la capitale demandaient la démission du premier ministre.

Les journalistes sur place n'ont pas remarqué de blessé ou de mort.

La porte-parole de la mission de l'ONU, Sophie Boutaud de la Combe, n'a pas rappelé l'Associated Press.

M. Martelly devait tenir des élections depuis 2011 pour une majorité de sièges au Sénat, toute la Chambre des députés et des administrations locales. Il n'a toutefois jamais convoqué les électeurs aux urnes.

Il avait plutôt nommé des gens pour combler des postes vacants.

La Chambre des députés avait autorisé en 2013 la tenue d'élections, mais six sénateurs avaient rejeté la loi parce qu'elle favoriserait le gouvernement, en plus d'être inconstitutionnelle.

Le gouvernement réitère qu'il souhaite toujours organiser des élections.

Le mandat de dix sénateurs tire à sa fin au mois de janvier prochain, ce qui aura pour conséquence de dissoudre le Parlement. Le président Martelly serait donc le seul à prendre les décisions, par décret.

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