POLITIQUE
12/12/2014 10:17 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

La Fédération québécoise des municipalités invite Pierre Moreau et Québec à se calmer

CP

LONGUEUIL, Qc - Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, et la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, ont participé conjointement vendredi à l'aéroport Saint-Hubert à l'inauguration d'un nouveau simulateur de vol au Collège Air Richelieu, mais un simulateur de relations harmonieuses aurait sans doute été plus approprié.

Les deux politiciens sont à couteaux tirés depuis le dépôt du budget 2015 de la Ville de Longueuil, qui a attribué une part de ses hausses de taxes aux compressions issues du pacte fiscal transitoire imposé par le gouvernement du Québec.

Le ministre Moreau, qui a menacé d'imposer des sanctions à Longueuil ainsi qu'à Laval, dont le budget comporte aussi une provision semblable, a répété à l'issue de la conférence de presse qu'il rembourserait l'augmentation qu'on impute à son gouvernement par le biais d'un chèque au montant équivalent à chaque contribuable touché.

M. Moreau maintient que les villes de Longueuil et de Laval sont parfaitement capables d'absorber la compression exigée de Québec et qu'elles ne peuvent tout simplement la refiler aux contribuables.

«Asseyons-nous et faites-moi, encore une fois, la démonstration que vous être incapables, à l'intérieur d'une compression de dépenses ou à l'intérieur de l'utilisation des surplus, d'absorber vous-mêmes l'effort que le gouvernement vous demande», a martelé le ministre, qui a du même coup balayé du revers de la main l'argument utilisé la veille par le maire de Laval, Marc Demers, qui disait avoir besoin de ses surplus, notamment pour de nouvelles infrastructures récréatives.

«Il a 111 millions $ de surplus et il dit: je vais en avoir besoin dans les prochaines années pour des patinoires, pour des piscines. (...) On ne peut pas tout avoir, il faut se restreindre selon la capacité de payer», a soutenu le ministre.

Mme St-Hilaire, de son côté, a répété que son administration avait déjà fait les efforts nécessaires et elle a clairement rejeté toute possibilité de recul, confirmant ainsi l'impasse.

«Le budget a été adopté par le conseil municipal de la Ville de Longueuil, alors il n'y a aucune raison pour laquelle il serait modifié», a tranché la mairesse.

Bien qu'elle se dise ouverte au dialogue, Caroline St-Hilaire a des limites plutôt courtes aux discussions.

«Les seules personnes à qui je vais répondre de mon budget c'est à la population de Longueuil, pas au gouvernement du Québec», a-t-elle indiqué.

«Je ne me justifierai pas et je ne céderai pas à l'intimidation. Jamais», a déclaré Mme St-Hilaire en point de presse à la suite de l'annonce.

Durant la conférence de presse, les deux politiciens ont maintenu leurs distances et ont chacun fait de subtiles allusions à leur différend dans une atmosphère pour le moins tendue.

L'annonce du simulateur est «une excellente nouvelle pour Longueuil et, disons-le franchement, ces derniers temps, les bonnes nouvelles se font rares», a laissé tomber la mairesse durant son allocution.

De son côté, dernier à prendre la parole, le ministre Moreau a été encore plus clair en faisant référence au climat glacial qui régnait entre lui et Mme St-Hilaire, tout en laissant entendre que l'on trouverait éventuellement un terrain d'entente.

«J'espère que le simulateur est rodé pour les zones de turbulence puisqu'il semble que nous en traversons une. Mais comme chacun sait, les zones de turbulence sont toujours suivies par un vol harmonieux et, généralement, par un atterrissage en douceur», a-t-il dit.

Le simulateur, un appareil d'un million de dollars, a été entièrement financé par le Collège Air Richelieu, qui a lancé cette année un nouveau programme d'attestation d'études collégiales (AEC) en pilotage professionnel.

L'institution privée, qui a été accréditée à cet effet par le ministère de l'Éducation, forme des pilotes pour tous types d'appareils, incluant des gros porteurs de lignes aériennes.

Appel au calme de la FQM

Plus tôt dans la journée, la Fédération québécoise des municipalités avait appelé au calme le ministre des Affaires municipales.

«Si le milieu municipal a signé le pacte fiscal transitoire, ce n'était pas pour se faire dicter leurs agissements par la suite», soulignait le président de la FQM, Richard Lehoux, par voie de communiqué.

L'intervention de la FQM, qui représente les petites municipalités rurales et les municipalités régionales de comté (MRC), suivait celle de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), jeudi, qui avait vigoureusement condamné l'attitude du ministre Moreau, l'accusant de s'ingérer dans la gestion des municipalités.

«La colère est actuellement palpable partout au Québec. Les décisions du gouvernement dans plusieurs dossiers font mal et ajoutent à la grogne des citoyens et des élus», a résumé M. Lehoux. Il parle ni plus ni moins que d'une «guerre larvée» entre le ministre, le gouvernement du Québec et les municipalités.

M. Lehoux a fait valoir que le transfert constant de responsabilités vers les municipalités, sans les ressources en conséquence, pèse de plus en plus lourd sur les épaules des villes, donc sur celles des citoyens, et a invité le ministre Moreau et le gouvernement du Québec à «se ressaisir».

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