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Moins d'infections au C. difficile, mais plus de décès (VIDÉO)

12/12/2014 01:33 EST | Actualisé 12/12/2014 06:58 EST

Dix ans après la crise du Clostridium difficile qui a secoué le réseau de la santé, les spécialistes sont parvenus à réduire le nombre de patients infectés, mais le bilan des décès causés par la fameuse bactérie reste encore très élevé.

Un texte de Normand Grondin

En octobre 2004, Radio-Canada révélait l'existence d'un énorme problème d'infections en milieu hospitalier causé par une nouvelle souche de bactérie Clostridium difficile, plus contagieuse et plus toxique que l'ancienne, et dont les responsables de la santé avaient littéralement perdu le contrôle. Presque tous les grands hôpitaux du sud du Québec étaient envahis par cette souche et, au final, en 2003-2004, elle aura fait près d'un millier de morts parmi les quelque 7000 personnes infectées.

« La crise de 2004 a été un moment de prise de conscience de la situation de la problématique des infections nosocomiales, les infections qu'on acquiert à l'hôpital. Il y a clairement un avant et un après. » — Le Dr Yves Longtin, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital général juif et responsable du programme provincial de surveillance du C. difficile

Dix ans plus tard, après avoir consacré énormément de ressources et d'énergie à contrôler l'épidémie, le réseau de la santé a atteint une partie de son objectif : réduire le nombre de cas de C. difficile. En effet, depuis 2004, on est parvenu à réduire de moitié le nombre de patients infectés, avec une moyenne annuelle de 3500 depuis 2008.

Mais même s'il y a moins de patients infectés, il y a encore beaucoup de décès causés par la bactérie. Avant la crise, soit en 2002, on comptait tout juste une soixantaine de décès par année pour 3000 cas de C. difficile. Aujourd'hui, on compte en moyenne plus de 500 à 550 décès pour 3500 patients infectés. C'est donc presque 10 fois plus de décès avec, pourtant, deux fois moins de cas de patients infectés.

C'est compréhensible : la nouvelle souche de bactéries est beaucoup plus toxique et virulente que l'ancienne. Et donc, forcément, plus mortelle que jamais.

« Ce n'est pas la bactérie qui cause la maladie, c'est la toxine qu'elle produit. Donc, vous allez comprendre qu'une bactérie qui produit plus de toxines va rendre plus malade, plus rapidement. » — Le Dr Yves Longtin, microbiologiste-infectiologue à l'Hôpital général juif et responsable du programme provincial de surveillance du C. difficile

Il faut préciser cependant que, parmi les 500 cas de décès recensés chaque année, le C. difficile n'est pas toujours la seule ni la principale cause de la mort d'une personne infectée. Surtout lorsqu'elle s'attaque aux grands malades et aux gens très âgés, dont la santé est déjà fragile. Parfois, c'est simplement la goutte qui fait déborder le vase.

Mais les chiffres ne trompent pas. La nouvelle souche est une redoutable tueuse. En moyenne, 14 % des patients sont décédés moins d'un mois après avoir été infectés.

Une bactérie plus mortelle

« Si je vous parle de 4000 morts, vous pensez que je vous parle du World Trade Center, du nombre de soldats tués en Afghanistan ou de la grippe de 1918? Non, je vous parle de la bactérie C. difficile depuis 10 ans. » — Le comédien Stéphane E. Roy

Dans la vidéo qu'il a produite sur ce sujet, le comédien Stéphane E. Roy, qui a vu le C. difficile emporter sa mère en 2004, rappelle que cette bactérie peut frapper n'importe qui et pas juste les grands malades.

Depuis l'an dernier, le comédien invite les citoyens à signer une pétition en ligne qui réclame que le gouvernement prenne les moyens nécessaires pour diminuer le nombre de cas de C. difficile, qu'il qualifie de « maladie honteuse de notre système de santé ».

« Il faut arrêter de penser que c'est inévitable, que c'est une fatalité. » — Me Jean-Pierre Ménard, avocat spécialisé en droit de la santé

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