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11/12/2014 05:53 EST | Actualisé 10/02/2015 05:12 EST

Google répond à une nouvelle loi en fermant Google Actualités en Espagne

MADRID - Dans une décision qui fera écho à travers le monde, Google a annoncé jeudi qu'il fermera Google Actualités en Espagne et bloquera des publications espagnoles dans plus de 70 versions internationales de Google Actualités en raison d'une nouvelle loi espagnole requérant que les agrégateurs paient pour relayer du contenu.

Google Actualités en Espagne fermera le 16 décembre — plusieurs jours avant l'entrée en vigueur, le 1er janvier, de la loi espagnole sur la propriété intellectuelle exigeant que les éditeurs de contenu soient rétribués.

Cela signifie que les internautes en Amérique latine, où les organisations médiatiques espagnoles ont tenté de faire grimper leur nombre de lecteurs, ne verront plus d'articles en provenance de l'Espagne dans Google Actualités. Les reportages en anglais d'éditeurs espagnols tels que le journal «El Pais» de Madrid sont aussi appelés à disparaître.

Les internautes utilisant le moteur de recherche standard de Google en Espagne et partout ailleurs dans le monde seront encore en mesure de trouver par eux-mêmes des articles provenant de publications espagnoles, car la loi ne s'applique qu'aux agrégateurs et pas aux particuliers qui effectuent leurs propres recherches hors de Google Actualités.

La décision de Google représente la première interdiction du genre depuis les débuts de Google Actualités, en 2002.

Richard Gingras, à la tête de Google Actualités, a affirmé que la décision avait été prise à contrecoeur car Google Actualités est «un service que des centaines de millions d'usagers aiment et envers lequel ils ont confiance, incluant plusieurs en Espagne».

L'association espagnole AEDE, qui représente d'importants éditeurs de contenu, avait fait pression pour l'adoption de la loi surnommée «Google Tax», et a soutenu que les citoyens espagnols et les entreprises espagnoles souffriraient de la décision de Google.

AEDE a affirmé que l'impact global de cette décision, qui fera disparaître mondialement les articles produits par les médias espagnols, ne sera connu qu'après la fermeture, mais a ajouté que la loi était nécessaire pour «protéger efficacement les droits des citoyens et des entreprises».

Le ministère espagnol de la Culture a qualifié le geste de Google de décision d'affaires légitime. Le ministère a aussi fait valoir que la loi ne s'appliquait pas aux particuliers et protégerait la propriété intellectuelle de publications qui investissent pour créer du contenu.

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