DIVERTISSEMENT
08/12/2014 02:26 EST | Actualisé 08/12/2014 02:35 EST

Marc Dupré: populaire malgré lui (ENTREVUE/ VIDÉO)

Marc Dupré, un «underdog» ? Un marginal qui préfère ne pas trop attirer l’attention et avancer dans l’ombre plutôt que dans la lumière? C’est lui qui le dit.

«J’ai toujours préféré quand on ne me voit pas, quand je fais mes petites affaires et que je suis heureux. Prendre trop de place, ce n’est pas quelque chose qui me va super bien… Même si je suis dans les affaires qui prennent le plus de place au monde! (rires) Mais j’embarque là-dedans et je m’amuse», reconnaît le gendre de René Angélil, et seul coach de La voix qui, au terme de l’hiver 2015, aura été de toutes les saisons de l’émission.

Là dans ma tête, son cinquième album, lancé la semaine dernière, n’est pas le projet qui permettra à Marc Dupré de se terrer en forêt et de jouer les ermites. Le premier extrait, pièce-titre du disque, s’est emparé de la sixième position du Top 100 BDS dès sa première semaine en ondes et est toujours en forte rotation sur plusieurs antennes. Une tournée de spectacles s’entamera sitôt le mois de janvier 2015 arrivé; le périple débutera à l’Assomption le 17 et se poursuivra au moins jusqu’en novembre de la même année.

Entre-temps, Marc s’arrêtera à L’Étoile Banque Nationale du Quartier Dix30, à Brossard, le 26 mars, et au Théâtre Capitole de Québec, les 1er et 2 mai. Il conciliera son calendrier de prestations avec ses engagements dans son fauteuil rouge de La voix, à TVA, aux côtés d’Éric Lapointe, Isabelle Boulay et Pierre Lapointe.

Pas un imposteur

Depuis qu’il a décidé de faire le saut dans la musique, en 2005, l’ancien imitateur a vu 17 de ses échantillons se faufiler au sommet des palmarès et a remporté trois Félix, dont ceux d’Interprète masculin de l’année et de Chanson de l’année (Nous sommes les mêmes), en 2013.

C’est lorsqu’il se remémore ces deux victoires que Marc Dupré songe à son statut de vedette populaire et médiatisée. Au lendemain du Gala de l’ADISQ, l’an dernier, un petit débat décriant ou défendant l’attribution des statuettes les plus prestigieuses de la cérémonie par vote du public a éclaté sur Twitter et a duré pendant quelques jours. Dupré s’est retrouvé bien malgré lui au centre de la «controverse» et est devenu en quelque sorte l’incarnation, le symbole de la musique commerciale, aux yeux des fervents de musique indépendante et émergente. Plusieurs auraient préféré voir Louis Jean Cormier, Daniel Bélanger ou Karim Ouellet rafler les honneurs, au lieu de Marc Dupré et ses ritournelles accrocheuses, propulsés par l’imposante locomotive de Productions J. Cette année, les victoires d’Alex Nevsky, Patrice Michaud, Philippe B. et Klô Pelgag n’ont généré aucune commotion négative sur la twittosphère.

Or, les arguments balancés de part et d’autre dans ce «tweetfight» demeuré respectueux, auquel ont participé quelques journalistes, n’ont pas empêché le principal intéressé de dormir. «Moi, j’ai un mot pour ça : jalousie, estime-t-il. Si tu veux avoir une influence quelconque à l’ADISQ, vote. 99,9% des gens qui ont écrit des choses sur moi n’avaient même pas voté. Alors, si tu ne votes pas, ferme ta gueule. Moi, j’ai remercié les gens qui ont voté pour moi. Eux l’ont fait parce qu’ils aiment ma musique, parce qu’ils considéraient que je le méritais. À un moment donné, il faut arrêter de se sentir comme un imposteur…»

«Ce qui m’intéresse, ce sont les gens qui aiment ce que je fais, poursuit Marc. Si quelqu’un n’aime pas ce que je fais, je n’ai rien contre lui, mais je n’ai rien à lui dire non plus. Tu as le droit de remettre mon travail en question si tu en as envie, mais tu n’es pas obligé de mettre mon nom, mon hashtag, pour que je voie absolument que tu as dit ça. Pour moi, ça ne change rien. Je vais continuer de faire ce que mon instinct me dicte et je ne changerai rien pour ceux qui me mettent une pression quelconque.»

«Moi, je fais de la musique populaire parce que c’est ce que j’aime et ce que je connais. Toute ma vie, j’ai écouté la radio et j’ai imité des gens. Et j’aime plein d’affaires différentes. Chacun a son histoire et veut la raconter à sa façon. Je ne pense pas que je suis le plus grand poète sur la planète, mais je pense que je dis les vraies affaires. Je dis ce que, moi, je pense.»

Le papa de trois pré-adolescents de 13, 11 et 9 ans affirme toutefois utiliser les réseaux sociaux pour répondre aux messages, très nombreux, et parfois inquiétants, que lui écrivent ses jeunes admirateurs. Et il jure que Louis-Jean Cormier l’a chaudement félicité pour ses Félix, en mentionnant même que sa fille écoute son succès radio Nous sommes les mêmes à tue-tête avec ses amies.

Le choc de la quarantaine

Le précédent opus de Marc Dupré, Nous sommes les mêmes, avait été lancé au printemps 2013, alors que venait de se terminer la première édition de La voix. Depuis, l’auteur-compositeur n’a jamais cessé d’imaginer paroles et musiques pour ses albums à venir. Les gestes d’écrire et de composer sont devenus pour lui une seconde nature dès l’instant où il a apprivoisé la guitare.

«Je pense que j’ai trois ou quatre albums dans mon iPhone, blague l’artiste. J’écris tout le temps, je n’arrête pas. Ça fait partie de ma routine, d’écrire et de composer. Quand je prends ma guitare, on dirait que je tombe dans une bulle de relaxation totale. Je fais de belles choses, dans ce temps-là.»

Enregistré live avec des musiciens, première expérience du genre pour Dupré, qui était davantage habitué à des séances de studio intimes avec une ou deux personnes, Là dans ma tête est «le bilan d’un gars de 40 ans» sur fond de sonorités pop-rock, flirtant avec le folk et l’électro. Marc Dupré a coréalisé avec Gautier Marinof et a planché sur tous les titres, aidé, entre autres, de Nelson Minville, Amélie Larocque, Frédérick Baron et Rob Wells.

«J’ai eu 40 ans l’an dernier et je ne l’ai pas tellement aimé, ce chiffre-là, admet le père de famille. J’avais envie de raconter les histoires d’un gars qui regarde autour de lui, qui se rend compte qu’il a une vie mouvementée, mais que l’essentiel est là, et qu’il ne faut pas le perdre. C’est là que je me situe, présentement, dans ma tête. Je ressens l’urgence de profiter du temps avec les personnes que j’aime.»

Et de s’éclater à fond dans son art, son «habitat naturel», lit-on entre les lignes du discours enflammé de ce créateur pleinement investi.

«Quand j’ai commencé à pouvoir écrire mes propres chansons, ça m’a tellement fait de bien. Moi, je viens de la musique. Toute ma vie, c’a été ça. Mon grand-père jouait du banjo, mes oncles formaient des bands, le frère de mon grand-père était un violoneux, ils étaient toujours en train de jouer, et ils m’incluaient dans tout. Moi, je jouais des percussions sur une planche à repasser! La musique ma ramène quelque part où je suis bien, où je peux retourner souvent, et me rend un peu nostalgique…», souffle l’incorrigible passionné.

L’album Là dans ma tête est présentement disponible en magasin et sur iTunes.

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