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Mexique: les autorités confirment l'identification d'un des 43 disparus

07/12/2014 05:00 EST | Actualisé 06/02/2015 05:12 EST

EL PERICON, Mexique - Un flot ininterrompu de voisins, d'amis et de camarades de classe défilait dimanche dans la petite maison en pisé d'Ezequiel Mora à El Pericon, dans le sud du Mexique, pour offrir leurs condoléances après la mort de son fils Alexander, le premier des 43 étudiants disparus à avoir été identifié par des tests d'ADN.

M. Mora recevait les visiteurs avec des yeux rougis par le chagrin et la fatigue, acceptant leurs paroles bienveillantes avec un petit hochement de tête et beaucoup d'incrédulité.

Alexander Mora Venancio, 19 ans, le deuxième plus jeune d'une fratrie de huit enfants, rêvait de devenir professeur d'éducation physique, un objectif ambitieux pour un jeune issu de cette minuscule communauté agricole dans les montagnes de la région de Costa Chica, dans l'État de Guerrero.

Le procureur général du Mexique, Murillo Karam, a confirmé dimanche qu'Alexander Mora avait été identifié parmi les restes humains calcinés trouvés il y a plusieurs semaines près d'un dépotoir de Cocula. Son ADN a été identifié dans un fragment d'os analysé par des experts dans un laboratoire d'Innsbruck, en Autriche.

Selon le procureur général, 80 personnes ont été arrêtées jusqu'à maintenant relativement à la disparition des étudiants, dont 44 policiers des villes d'Iguala et de Cocula ainsi que l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, qui fait l'objet d'une enquête pour avoir supposément ordonné les attaques du 26 septembre. Le scandale a aussi forcé à la démission le gouverneur de l'État de Guerrero.

L'identification des restes a confirmé ce que le procureur général avait déjà dit aux parents en novembre: les étudiants en conflit avec la police ont été tués et incinérés par un gang local de narcotrafiquants, les Guerreros Unidos. Jusqu'à maintenant, en l'absence de corps, les parents espéraient toujours retrouver leurs enfants vivants.

Ezequiel Mora prendra la semaine pour pleurer la mort de son fils avec sa famille et des amis, mais ensuite, il a l'intention de se joindre au mouvement réclamant justice pour son fils et les 42 autres disparus.

«Le gouvernement n'est pas ici pour les gens qui se battent, a dit l'homme de 63 ans, dont la femme est morte il y a près de cinq ans. Il ne veut pas nous entendre.»

Cette affaire a provoqué l'indignation au Mexique et ailleurs dans le monde compte tenu du fait que les étudiants sont disparus sur ordre d'un gouvernement local corrompu et que les autorités fédérales mexicaines ont mis dix jours avant d'intervenir. Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Mexico, la capitale, pour réclamer la démission du président Enrique Peña Nieto.

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