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Rétractation d'un magazine sur le viol d'une étudiante: les militants inquiets

06/12/2014 04:48 EST | Actualisé 05/02/2015 05:12 EST

CHARLOTTESVILLE, États-Unis - Les défenseurs des victimes d'agressions sexuelles affirment que la rétractation du magazine «Rolling Stone» au sujet du récit explosif d'un viol collectif à l'Université de Virginie ne change rien au fait que le viol est un problème sur les campus des États-Unis et qu'il doit être confronté. Certains craignent que les excuses du magazine ne découragent les victimes de raconter leur histoire.

Pendant ce temps, des étudiants, des gouvernements locaux et des responsables de l'éducation ont promis de poursuivre leurs efforts pour répondre adéquatement — et prévenir — les agressions sexuelles sur les campus.

Vendredi, le «Rolling Stone» a exprimé des doutes sur le récit d'un viol collectif subi par une femme identifiée seulement sous le nom de «Jackie», affirmant avoir découvert des «contradictions» dans son histoire.

Le rédacteur en chef Will Dana a écrit que les journalistes du magazine avaient eu tort de faire confiance à cette femme.

Le long article publié le mois dernier utilisait le cas de Jackie comme un exemple de ce qu'il a qualifié de culture de la violence sexuelle répandue à l'Université de Virginie.

Alison Kiss, directrice du Centre Clery pour la sécurité sur les campus, a expliqué que les groupes qui travaillent dans ce domaine s'inquiètent de l'«effet refroidissant» que les excuses du magazine pourraient avoir sur les victimes d'agressions sexuelles qui veulent rapporter le crime aux autorités.

Mais selon Mme Kiss, l'annonce du magazine «ne change pas les faits: les agressions sexuelles sur les campus sont considérablement sous-évaluées et les fausses allégations sont incroyablement rares».

Le «Rolling Stone» a expliqué que parce que l'histoire de Jackie était délicate, il avait accepté sa demande de ne pas contacter les hommes qui auraient organisé et participé au viol. Ce choix a suscité les critiques d'autres médias.

La déclaration publiée sur le site du magazine affirme que les contradictions dans l'histoire de la femme sont devenues évidentes «face à de nouvelles information», mais ne donne aucun détail sur les faits qui pourraient être remis en question.

Dans son article d'origine, le magazine soulignait que le mélange dangereux d'alcool, de drogues du viol et de relations sexuelles forcées lors des fêtes de fraternités universitaires était répandu sur les campus des États-Unis. L'Université de Virginie fait partie d'une liste de 90 établissements d'enseignement qui font l'objet d'enquêtes du ministère de l'Éducation relativement aux violences sexuelles.

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