POLITIQUE

Port pétrolier à Cacouna : le combat des écologistes se poursuit

06/12/2014 09:41 EST | Actualisé 06/12/2014 09:41 EST
Patrick Bellerose

La réalisation du port pétrolier de TransCanada à Cacouna semble de plus en plus improbable à mesure que les difficultés s'accumulent pour la compagnie sur ce site. Plusieurs environnementalistes se réjouissent déjà de cette quasi-victoire, mais les promoteurs du projet n'ont peut-être pas dit leurs derniers mots.

Un texte de Michel Marsolais

Lors d'un colloque de Nature Québec sur les enjeux de l'oléoduc Énergie-Est de TransCanada, les opposants au projet de port pétrolier à Cacouna ont bien senti que le vent avait tourné au cours des dernières semaines.

D'abord, les bélugas du Saint-Laurent ont maintenant le statut d'espèce en voie de disparition et les premiers ministres du Québec et de l'Alberta ont émis des réserves sur la pertinence de construire un terminal pétrolier dans la pouponnière de l'espèce. Le projet de TransCanada a du plomb dans l'aile et le premier ministre Couillard a même invité TransCanada à aller vers des sites alternatifs.

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« Même si Cacouna c'est une petite victoire momentanée dont on est bien heureux. Ça n'empêche pas que la lutte va continuer avec des mouvements citoyens », pense Marie-Eve Leclerc, membre de Stop Oléoduc et de Coule pas chez nous.

« On peut parler de victoire. Mais, après Cacouna, le débat va se transporter sur la traversée de dizaines de cours d'eau et la traversée du St-Laurent par le pipeline. »

— Christian Simard, directeur général de Nature Québec

TransCanada n'a pas toutefois pas renoncé officiellement au site de Cacouna, ni à son projet de port québécois.

La compagnie dispose de quelques sites alternatifs, dont l'Île-Verte, Saint-Denis-de-Kamouraska, mais surtout Baie-des-Sables et Lévis. Des sites qui ne sont pas parfaits non plus, pense Pierre Olivier-Pinaud, de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC-Montréal.

« Celui de Baie-des-Sables coûterait très cher significativement plus cher que Cacouna parce qu'il prolonge de beaucoup le pipeline et celui de Lévis-Est de heurterait à une population qui a déjà lutté très fort contre le projet Rabaska. Maintenant, il y a une option que TranCanada n'a absolument pas étudiée et on ne discute jamais publiquement, c'est la possibilité d'utiliser le port actuel de la raffinerie Valero à Québec », dit-il.

Pour l'instant il n'y pas de discussion entre TransCanada et Valero, mais ce port qui reçoit déjà du pétrole et pourrait facilement être adapté pour l'exportation.

Plusieurs pensent aussi qu'un port pétrolier au Québec n'est pas indispensable au projet de TransCanada et que l'oléoduc Énergie-Est pourrait aller directement jusqu'au Nouveau-Brunswick.

Mais pour ceux qui veulent stopper le développement des sables bitumineux de l'Alberta, la lutte n'est pas terminée. Les projets de pipeline à l'ouest et vers le sud sont pour l'instant bloqués.

« Sortir à l'est, c'est stratégique pour l'expansion de l'industrie des sables bitumineux. Les pipelines ce n'est pas pour sortir le pétrole existant, mais pour soutenir la hausse de production qu'on envisage. Le problème qu'on soulève aujourd'hui est-ce que la planète est capable d'absorber dans l'atmosphère tout ce CO2-là on pense que non », soutient Éric Pineault, économiste à l'UQAM.

Le combat des écologistes n'est sans doute pas terminé.

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