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Pascal passe le K.-O. à Bolonti après le bris: le combat est un non-lieu

06/12/2014 11:14 EST | Actualisé 05/02/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Décidément, ce gala du 6 décembre aura été un cauchemar du début jusqu'à la fin pour InterBox, qui a vu son combat principal entre Jean Pascal et Roberto Bolonti se terminer par un non-lieu après 2:26 d'action au deuxième round.

«L'arbitre Michael Griffin a demandé le bris et les deux combattants ont continué à échanger des coups, a expliqué Michel Hamelin, responsable des sports de combat à la Régie des Alcools, des Courses et des Jeux (RACJ). Malheureusement, le combattant Bolonti est tombé et il a dû être conduit à l'hôpital. C'est la raison pour laquelle la décision est un non-lieu.»

Contrairement à ce qui a indiqué l'annonceur Christian Gauthier dans le ring, Pascal (29-2-1, 17 K.-O.) n'est pas l'unique boxeur à avoir commis une faute non intentionnelle.

«Christian lit nos rapports qui lui sont remis et sur notre rapport, aucun des boxeurs n'est identifié» a ajouté Hamelin, qui a précisé que les décisions de la Régie ne peuvent être portées en appel.

«Soyons clairs: la décision, c'est l'arbitre qui la prend. Mais la réglementation ne peut pas être portée en appel.»

C'est un crochet de la droite au visage de Bolonti (35-3, 24 K.-O.) qui a causé la fin prématurée du duel. L'Argentin a encaissé le choc sans pouvoir se protéger et il s'est immédiatement effondré, passant de longs moments visage contre canevas.

Après que deux médecins soient venus à son chevet, on lui a donné de l'oxygène et il a quitté sur une civière, le cou immobilisé.

Certains ont jugé que Bolonti a joué la comédie, Hamelin ne pouvait pas prendre de chance.

«Nous, nous sommes ici pour assurer la sécurité des combattants et nous ne pouvons pas juger si un boxeur joue la comédie ou pas. Il a été vu par nos médecins, qui ont jugé que c'était suffisamment sérieux pour l'envoyer à l'hôpital.»

Pascal n'a pas entendu

Pascal de son côté assure ne pas avoir entendu la commande de Griffin et qu'il n'a cherché qu'à répliquer aux coups portés par Bolonti.

«Ça s'est passé tellement vite, a-t-il expliqué. Il m'a frappé une fois derrière la tête et une autre fois sur l'oreille. Peut-être que c'est à ce moment que l'arbitre a demandé le bris et que c'est pourquoi je ne l'ai pas entendu. J'ai ensuite vu une ouverture et je l'ai frappé. S'il est vraiment blessé, je lui souhaite la meilleure des chances.»

Pascal a été étonné de le voir s'effondrer après un coup, selon lui anodin, alors qu'après qu'il l'eut envoyé au tapis au premier round sur un solide jab, l'Argentin s'est rapidement relevé.

«Je ne l'ai pas bien frappé, car nous étions trop près. (...) Je ne suis pas un boxeur 'cochon', ça ne m'est jamais arrivé avant.»

Dans toute la confusion qui a régné pendant qu'on prodiguait les premiers soins à Bolonti, Pascal dit ne pas avoir craint d'être disqualifié.

Kovalev toujours à l'agenda

Malgré cette fin amère, Jean Bédard et Pascal se consolent en pensant que le combat contre Sergey Kovalev, détenteur des titres WBA, WBO et IBF des mi-lourds, prévu le 14 mars prochain au Québec aura toujours lieu.

Présente sur place, Kathy Duva, qui gère la carrière de Kovalev, a indiqué à Bédard que pour son clan, ce non-lieu ne changeait rien aux plans en place. Un bémol cependant: elle devra vérifier avec les dirigeants de HBO afin de voir si le combat les intéresse toujours.

«Je ne vois pas pourquoi ça changerait, a noté Bédard. On était en début de combat, dans le feu de l'action. La réputation de Pascal n'a pas été entachée par ces deux rounds de boxe et HBO veut ce combat-là, c'est clair.»

Gala difficile

Ce gala aura été une saga de tous les instants pour InterBox, qui a perdu sa tête d'affiche — Bute — à deux semaines d'avis. Le Montréalais d'origine roumaine devait affronter Bolonti en grande finale, mais après s'être blessé lors de son camp d'entraînement aux Philippines, la finale avait été confiée à Pascal et Donovan George, qui devaient assurer la demi-finale.

Mais voilà, l'Américain, maintenant en tête d'affiche, désirait une bourse plus importante et après que les négociations eurent échoué, on a offert sa place à Bolonti.

Après des ventes difficiles — InterBox n'a pas fourni l'assistance —, cette fin en queue de poisson laissera assurément un goût amer dans la bouche des dirigeants d'InterBox, mais également des amateurs de boxe québécois.

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