NOUVELLES

Un militant loyal à l'ÉI menace les Libanais chiites de représailles

05/12/2014 09:26 EST | Actualisé 04/02/2015 05:12 EST

BEYROUTH - Un militant sunnite ayant plaidé allégeance au groupe armé État islamique (ÉI) en Syrie a menacé de représailles les Libanais chiites, les soldats libanais et leur famille à la suite de l'arrestation de son épouse et de ses deux enfants au Liban.

La menace démontre à quel point le Liban, aux prises avec ses propres tensions sectaires et ses divisions au sujet de la guerre civile dans la Syrie voisine, devient de plus en plus impliqué dans la bataille contre l'ÉI, qui contrôle une bonne partie de la Syrie et de l'Irak.

La déclaration vidéo du militant sunnite Abou Ali al-Chichani — dont le véritable nom est Anas Sharkas, selon les autorités libanaises — indique également que les efforts de médiation pour la libération de 20 soldats libanais enlevés en août par l'ÉI et des militants liés à al-Qaïda ont cessés et ne reprendront qu'après la libération de sa famille.

La déclaration, rendue publique tard jeudi, n'indiquait pas clairement le rôle joué jusqu'ici par Abou Ali al-Chichani dans les efforts de médiations, qui sont dirigés par le Qatar.

L'arrestation de la famille d'Abou Ali al-Chichani a été annoncée par les autorités à Beyrouth, plus tôt cette semaine, peu après qu'elles eurent annoncé détenir l'épouse et l'enfant du leader du groupe État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi. Les autorités irakiennes ont cependant nié l'information, assurant qu'aucune des deux épouses d'Abou Bakr al-Baghdadi n'était détenue.

Dans sa vidéo de menaces, Abou Ali al-Chichani affirme que les femmes et enfants chiites, de même que les familles des soldats libanais, seraient des «cibles légitimes» pour ses militants.

Le Hezbollah chiite libanais a envoyé des combattants pour appuyer les forces du président Bachar al-Assad.

Dans la vidéo, Abou Ali al-Chichani, assis devant le drapeau noir du groupe État islamique et flanqué de deux hommes armés et masqués, précise que l'un de ses enfants détenus a quatre ans et que l'autre est encore un bébé.

L'authenticité de la vidéo n'a pas pu être authentifiée de manière indépendante, mais a été publiée sur des sites web régulièrement utilisés par les militants.

PLUS:pc