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Couillard nie diriger un gouvernement prônant l'austérité budgétaire

05/12/2014 03:06 EST | Actualisé 04/02/2015 05:12 EST

QUÉBEC - Le premier ministre Philippe Couillard refuse l'étiquette d'austérité pour qualifier le plan de compressions majeur entrepris par son gouvernement en vue d'assainir les finances publiques d'ici le prochain budget.

«La politique économique et fiscale du gouvernement continue d'être expansionniste», a assuré M. Couillard, malgré le chapelet de coupes de dépenses, hausses de tarifs et compressions de toutes sortes annoncées depuis des mois.

«L'austérité est une vue de l'esprit», a-t-il commenté, vendredi, en conférence de presse, au moment de faire le bilan de la dernière session parlementaire.

Il note qu'au sens strict du terme, le mot «austérité» s'applique quand un gouvernement dépense moins une année que l'année précédente, alors qu'au Québec, les dépenses gouvernementales continuent de croître malgré toutes les coupes effectuées et annoncées.

«On est dans une période de rigueur budgétaire qui va demeurer, qui doit être maintenant la norme au Québec», a-t-il soutenu, et ce, même quand l'équilibre budgétaire aura été atteint, normalement le printemps prochain.

Il n'est donc pas question de reporter le retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016, a-t-il réaffirmé. «On ne changera pas d'avis là-dessus», si certains en doutaient encore.

Pour contrer l'impression que son gouvernement assainit les finances publiques en alourdissant le fardeau fiscal des contribuables, il réplique qu'il «n'y a pas eu d'augmentation d'impôts et il n'y a pas eu d'augmentation de la TVQ».

M. Couillard n'entend pas par ailleurs modifier son approche économique en matière de création d'emplois, même si le Québec a perdu près de 100 000 emplois depuis le début de l'année.

Il note des «signes intéressants» de reprise, alors que le jour même on apprenait que 19 600 emplois avaient été créés en novembre au Québec, une première tendance positive en six mois. Le taux de chômage demeure élevé mais stable à 7,6 pour cent.

En campagne électorale, il s'était engagé à créer 250 000 emplois en cinq ans.

Bref, le gouvernement garde le cap et estime que le Québec est sur la bonne voie, a commenté M. Couillard.

Le marathon de négociations qui s'amorce avec les syndicats du secteur public se produira dans ce contexte de rigueur budgétaire absolue et les fonctionnaires ne doivent pas s'attendre à faire de gain sur le plan de la rémunération, a-t-il aussi laissé entendre.

«Il y a une conversation fondamentale à faire avec le mouvement syndical, sur la façon dont on paye les gens, le nombre de personnes qu'on paye et combien on les paye. Tout ça est en relation», a dit le premier ministre.

À l'Assemblée nationale, les travaux reprennent le 10 février.

Le prochain budget du ministre des Finances est attendu à la fin mars.

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