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Une attaque d'extrémistes islamistes en Tchétchénie fait au moins 20 morts

04/12/2014 05:49 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST

GROZNY, Russie - Une attaque menée par des combattants islamistes a causé la mort d'au moins 20 personnes dans la capitale tchétchène, jeudi, soulignant la vulnérabilité de la Russie, malgré la démonstration de force du président Vladimir Poutine dans son discours sur l'état de la nation, le même jour.

Les affrontements à Grozny, les plus importants depuis plusieurs années, contrastent avec l'image de stabilité que tente d'imposer le gouvernement tchétchène, très proche du Kremlin. Cette résurgence de la violence fait craindre à certains la possibilité de nouvelles attaques dans la région russe du Caucase du Nord.

Un groupe islamiste a revendiqué l'attentat sur un site Internet, précisant agir au nom de l'«émir Khamzat», qui serait en fait le pseudonyme d'un chef de guerre de la région, Aslan Byutukayev.

Les insurgés de la Tchétchénie et d'autres régions du Caucase du Nord voudraient créer un État indépendant où la loi islamique serait appliquée strictement. Certains d'entre eux se sont d'ailleurs rendus en Syrie et en Irak pour se joindre au groupe armé État islamique.

Les affrontements entre la police et les islamistes sont survenus au milieu de la nuit de mercredi à jeudi, lorsque dix tireurs ont visé des policiers, qui ont rapidement encerclé la zone. Les assaillants ont toutefois réussi à s'enfuir dans les rues environnantes. Les policiers sont finalement parvenus à tuer les dix assaillants, après 12 heures de chasse à l'homme. Dix policiers ont également été perdu la vie et 28 autres ont été blessés.

Des tirs pouvaient encore être entendus à Grozny lorsque Vladimir Poutine a prononcé son discours à la nation, dans lequel, ironiquement, il affirmait que la violence en Tchétchénie était chose du passé.

Dans son allocution d'une heure, le président russe a d'ailleurs blâmé les pays occidentaux pour avoir appuyé les insurgés en Tchétchénie lors des deux guerres qui ont secoué la région, dans les années 90.

«Nous nous rappelons que les terroristes étaient décrits comme des combattants pour la liberté et la démocratie», a-t-il déclaré, ajoutant qu'ils avaient bénéficié d'un soutien «politique, financier et de renseignement».

Après son discours, M. Poutine a rencontré le président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, pour souligner son intervention rapide contre les assaillants.

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