NOUVELLES

Ottawa souligne discrètement le 25e anniversaire du massacre de Polytechnique

04/12/2014 05:45 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST

OTTAWA - Tout un contraste entre les parlements d'Ottawa et de Québec, à la veille du 25e anniversaire du massacre de Polytechnique.

Alors qu'une cérémonie émouvante secouait l'Assemblée nationale, jeudi, on avait prévu très peu de choses au parlement fédéral.

Un vase contenant 14 roses blanches et une rouge a été placé dans l'antichambre du Sénat, jeudi. Un vase semblable sera mis à la porte des Communes, vendredi, sans cérémonie aucune. Les parlementaires fédéraux devraient observer un moment de silence en Chambre, vendredi matin, journée où la plupart des banquettes sont vides.

«C'est la journée où il y a le moins de députés», s'est désolée, au cours d'une entrevue téléphonique, la députée néo-démocrate Rosane Doré Lefebvre.

Mme Doré Lefebvre estime que c'est à la ministre de la Condition féminine, Kellie Leitch, de voir à ce genre de choses. «On aurait pu marquer le coup aujourd'hui quand tous les députés étaient en Chambre. La ministre sait très bien que le vendredi, c'est beaucoup moins occupé du côté des parlementaires», a ajouté la députée.

L'élue a relevé que la veille, mercredi, une invitation faite à toutes les députées pour une photo de groupe devant le parlement, soulignant le 6 décembre, avait été boudée par les conservatrices.

«C'est triste, c'est très triste qu'on n'ait pas été capable de poser un geste non partisan, surtout en ce qui a trait à la violence faite aux femmes, a-t-elle dit. Il ne devrait y avoir aucune partisanerie. (...) On devrait être solidaires.»

À Québec, jeudi, les députées, tous partis confondus, se sont levées l'une après l'autre pour lire un texte rendant hommage aux 14 victimes. En après-midi, à Ottawa, une seule députée néo-démocrate faisait une déclaration pour souligner l'anniversaire.

«Cet acte misogyne, malgré les années, reste indélébile dans notre mémoire collective. Nous devrions tous les jours nous souvenir de ces 14 femmes», a déclaré Djaouida Sellah, députée de Saint-Bruno - Saint-Hubert, avant de réclamer un plus grand contrôle des armes à feu.

C'est ce sujet du contrôle des armes qui paralyse le gouvernement conservateur à la veille du 6 décembre. Stephen Harper et les siens se vantent encore d'avoir détruit le registre des armes d'épaule, ce que leur reprochent les survivantes du massacre.

Aucun membre du gouvernement conservateur ne prévoit participer à une des nombreuses cérémonies prévues à l'extérieur du parlement, samedi.

«Je suis de garde ce week-end à l'hôpital pour enfants», a donné comme excuse la ministre Leitch, qui continue de pratiquer la chirurgie à Toronto.

PLUS:pc