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Mine de fer du lac Bloom: Québec aidera à trouver un potentiel repreneur

04/12/2014 01:33 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Sans garantir de résultats, le gouvernement Couillard donnera un coup de pouce aux intervenants de la Côte-Nord pour tenter de relancer la mine de fer du lac Bloom, dont la fermeture a été annoncée le mois dernier par Cliffs Natural Resources.

Le Groupe tactique d'intervention économique (GTIE) s'impliquera ainsi dans le dossier afin de dénicher un potentiel acquéreur, a annoncé jeudi la ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust.

«Il faut se donner une chance d'essayer de sauver cette situation, a-t-il dit, en mêlée de presse, dans les couloirs de l'Assemblée nationale. C'est une situation (...) complexe.»

Créé pour trouver des solutions lors de coups durs économiques, le GTIE avait auparavant été mandaté de se pencher sur le cas de Shawinigan, dans la foulée de la fermeture de l'usine Laurentide de la compagnie Produits forestiers Résolu (TSX:RFP).

Le ministre Daoust, qui plaide pour un recul de l'État subventionnaire, a toutefois prévenu que Québec n'avait pas l'intention d'être l'actionnaire majoritaire d'un potentiel projet de relance.

«Nous sommes prêts à être partenaires, a-t-il dit. On va voir comment on peut récupérer cette situation.»

Affectée par les prix du minerai de fer — qui se transige à un creux de cinq ans — la minière établie à Cleveland a décidé de mettre fin aux activités de ses installations près de Fermont, où travaillent plus de 500 personnes.

Selon le syndicat des Métallos, les licenciements ont déjà débuté à la mine du lac Bloom — située dans la fosse du Labrador à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Labrador City — et quelque 400 personnes devraient être remerciées d'ici quelques semaines.

Entre-temps, des représentants d'Investissement Québec (IQ) ont rencontré en début de semaine des dirigeants de l'entreprise, qui ont confirmé leurs intentions de quitter l'est du Canada et le Québec.

Le coordonnateur syndical Dominic Lemieux a de son côté indiqué que des membres du comité d'urgence local pour sauver la mine avaient eu une «belle communication» avec les représentants du gouvernement.

«Je m'attends à un retour d'ici demain (vendredi) d'IQ pour savoir comment ça c'était passé à Cleveland», a-t-il dit, au cours d'un entretien téléphonique.

D'après Cliffs Natural Resources, le développement de la deuxième phase à la mine du lac Bloom, nécessaire à sa survie, aurait nécessité des investissements de 1,2 milliard $. En désaccord, les Métallos affirment de leur côté qu'entre 400 et 500 millions $ seraient suffisants.

Pour le syndicat, une expansion rendrait la mine plus concurrentielle, puisque son coût de revient, actuellement de 80 $ la tonne, diminuerait considérablement pour osciller entre 50 et 55 $.

L'attachée de presse de M. Daoust, Mélissa Turgeon, a précisé que le mandat du GTIE consistera notamment à déterminer le montant à investir afin de compléter les améliorations des installations.

En dépit de la glissade marquée des prix du minerai de fer, le ministre de l'Économie semble continuer à croire qu'il vaut la peine de tenter de trouver un investisseur pour relancer la mine du lac Bloom.

«Si la mine payée 5 milliards $ est disponible a un prix moindre, c'est peut-être une occasion, a-t-il dit. Le (marché) du fer est cyclique.»

Cliffs Natural Resources (NYSE:CLF) avait déjà interrompu en 2013 ses activités à sa mine Scully, à Wabush, ainsi qu'à ses installations de Pointe-Noire, près de Sept-Îles, où des employés ont déjà été licenciés.

«On (serait) peut-être en mesure d'en arriver à un règlement à Pointe-Noire», a aussi fait valoir M. Daoust.

La fin des activités au lac Bloom pourrait se traduire par des charges oscillant entre 650 et 700 millions $ d'ici les cinq prochaines années. Ces coûts seraient principalement reliés à des ententes avec le chemin de fer Quebec North Shore et Labrador, qui appartient à la Compagnie minière Iron Ore du Canada.