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La police de Cleveland malmenée dans un rapport du département de Justice

04/12/2014 04:52 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST

CLEVELAND - Les policiers de Cleveland, en Ohio, utilisent trop souvent la force de façon injustifiée, ils sont mal formés et cela met en danger le public et leurs propres collègues, selon un rapport du département de Justice des États-Unis dévoilé jeudi par le procureur général Eric Holder.

L'enquête du gouvernement fédéral a été commandée après que plusieurs affrontements entre la police et les citoyens eurent été relevés, dont la mort de deux suspects non armés, qui ont été la cible de 137 balles des policiers en novembre 2012.

Le département de la Justice a découvert que les policiers avaient recours à la force systématiquement, alors que ce n'était pas toujours nécessaire. De plus, les agents enfreindraient régulièrement les droits civils des citoyens en raison de manquements dans la formation, la supervision et l'imputabilité.

Le département de la Justice et le maire de Cleveland, Frank Johnson, se sont entendus jeudi pour mettre en place des réformes afin de remédier à la situation.

Le rapport a conclu que ces interventions musclées avaient eu pour effet de miner la confiance des citoyens — surtout dans la communauté noire — envers les forces de l'ordre.

Les recommandations du département sont dévoilées alors que les tensions sont vives à New York et à Ferguson, notamment, où ont été tués deux hommes noirs non armés dans les derniers mois.

La semaine dernière, des centaines de manifestants ont bloqué une autoroute pour dénoncer la mort d'un garçon de 12 ans à Cleveland, qui tenait une fausse arme près d'un centre de loisirs. Le policier qui l'a abattu a cru apercevoir une vraie arme à feu.

Le département de Justice, qui a commencé ses travaux en 2013, a étudié 600 incidents survenus de 2010 à 2013, au cours desquels les policiers ont utilisé la force. Le service de police de Cleveland aurait été réticent à fournir certains documents demandés par les enquêteurs du gouvernement fédéral.

Le rapport de 58 pages critique aussi les enquêtes effectuées par la police elle-même sur des incidents impliquant l'usage de la force. Certaines personnes qui y ont participé ont avoué qu'elles devaient brosser un portrait «le plus positif possible» du policier mis en cause.

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