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Un grand jury décide de ne pas inculper un policier pour la mort d'un Noir à New York

03/12/2014 04:13 EST | Actualisé 03/12/2014 07:24 EST
Getty Images

Dix jours après Ferguson, un grand jury à New York a décidé mercredi de ne pas inculper un policier blanc impliqué dans la mort d'un Noir, au risque de relancer des manifestations qui semblaient marquer le pas.

Preuve de la volatilité de la situation, le maire de New York, Bill de Blasio, s'est immédiatement rendu à Staten Island, l'arrondissement de New York où était mort Eric Garner, 43 ans, en juillet, lors d'une interpellation musclée.

"C'est un jour très émouvant, très douloureux pour la ville", a-t-il déclaré dans une conférence de presse, en déclarant qu'il fallait "trouver une façon d'aller de l'avant".

M. de Blasio a cependant appelé les manifestants à protester "de manière pacifique", et les a incités à "travailler pour que ça change".

Le 17 juillet, Eric Garner, un père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes, avait brièvement tenté de résister à une arrestation. Il avait été plaqué au sol sur un trottoir par plusieurs policiers blancs.

Dans une vidéo amateur, on voit un de ces policiers, Daniel Pantaleo, le prendre par le cou pour le jeter à terre, une pratique pourtant interdite au sein de la police new-yorkaise.

"Je ne peux pas respirer", se plaint à plusieurs reprises Garner, obèse et asthmatique, avant de perdre connaissance. Il avait été déclaré mort après son transfert à l'hôpital.

Le médecin légiste à New York avait conclu à un homicide, et ce décès avait donné lieu à plusieurs manifestations, dont l'une avait rassemblé pacifiquement des milliers de personnes à Staten Island en août.

Mais le procureur de Staten Island Daniel Donovan a expliqué mercredi qu'"après délibération sur les éléments de l'enquête qui lui a été présentée, le grand jury a(vait) trouvé qu'il n'y avait pas de cause raisonnable de voter pour une inculpation" de Daniel Pantaleo.

Le policier a lui expliqué qu'il "n'a(vait) jamais l'intention de faire du mal à qui que ce soit. Je me sens très mal par rapport à la mort de M. Garner (...) et j'espère que (sa famille) acceptera mes condoléances personnelles pour leur perte".

Appels à manifester

"Nous n'arrêterons pas avant de voir un renforcement de la confiance et de la responsabilité qui existe entre nos communautés et notre police", a aussi déclaré le président Obama dans des déclarations générales à Washington.

Sitôt connue mercredi la décision du grand jury - une assemblée de citoyens chargés de décider ou non d'une inculpation sur la base des éléments de l'enquête -, des protestataires ont convergé vers Times Square "pour protester contre le manque de justice" pour Eric Garner. À la gare de Grand Central, une cinquantaine de personnes se sont couchées sur le sol, prétendant être mortes, a constaté l'AFP.

Les autorités, qui quelques heures plus tôt avaient annoncé le lancement d'un programme pilote équipant des policiers de mini-caméras "pour améliorer la confiance entre la police et les communautés", avaient auparavant mis en garde contre tout débordement.

"Les gens ont le droit de manifester, de protester. Mais s'ils s'engagent dans des activités criminelles, telles le vandalisme, ils seront arrêtés, tout simplement", avait déclaré le chef de la police de New York Bill Bratton.

Le fils d'Eric Garner, Eric Snipes avait exprimé l'espoir que le grand jury inculperait le policier. Mais il avait aussi ajouté qu'il ne croyait pas à une flambée de violence comme à Ferguson, où la nuit suivant la décision le 24 novembre avait été marquée par des pillages et incendies de voitures.

"Ce ne sera pas Ferguson, parce que je pense que tout le monde sait que mon père n'était pas un homme violent, et ils vont respecter sa mémoire", avait-il confié au quotidien Daily News.

À Ferguson un autre grand jury avait déjà décidé de ne pas poursuivre un policier blanc ayant tué par balles un adolescent noir de 18 ans, Michael Brown, en août.

Cette décision avait provoqué des émeutes à Ferguson, et de nombreuses manifestations de protestation à travers le pays. À New York notamment, les manifestations avaient été quotidiennes, sans incidents, dans les jours suivant la décision, avec seulement 30 interpellations.

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