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L'Unesco demande au Conseil de sécurité de combattre le trafic d'objets d'art

03/12/2014 12:26 EST | Actualisé 02/02/2015 05:12 EST

PARIS - L'agence culturelle des Nations unies demande au Conseil de sécurité d'interdire le trafic des objets culturels volés en Irak et en Syrie, deux zones de conflit.

La directrice de l'Unesco, Irina Bokova, a déclaré à l'Associated Press que la valeur du trafic d'objets trouvés lors de fouilles illégales dans les deux pays oscille entre 7 milliards $ US et 15 milliards $ US par année.

«(Une interdiction) est importante pour ralentir leurs activités financières. Il y a un autre côté sombre dans ce processus; les extrémistes utilisent cet argent pour financer leurs activités (...) Si la communauté internationale et le Conseil de sécurité veulent arrêter de financer les terroristes, ils doivent aussi s'attaquer au trafic d'objets culturels», a-t-elle plaidé.

L'Unesco s'est d'ailleurs alliée avec les sociétés de vente aux enchères Christie's et Sotheby's pour s'assurer qu'ils n'encouragent pas la revente d'artefacts volés dans ces régions.

Mme Bokova accueillait jeudi, au siège social de l'agence onusienne à Paris, une conférence pour tenter de protéger les patrimoines menacés. Les représentants de l'Irak et de la Syrie étaient notamment présents.

L'événement permettra aussi aux deux factions ennemies en Syrie—les rebelles soutenus par l'Occident et le gouvernement de Bachar el-Assad— de se rencontrer afin de trouver des solutions pour protéger les sites historiques du pays.

«C'est une étape modeste, mais c'est important», a noté Irina Bokova.

Mme Bokova s'inquiète plus particulièrement de la ville syrienne d'Alep et des tombes de cheiks soufis en Irak.

La guerre en Syrie, qui secoue le pays depuis plus de trois ans, a causé la mort de 200 000 personnes et entraîné une crise humanitaire importante. Plus de 3 millions de Syriens ont dû se déplacer dans les pays voisins et 6,5 millions d'entre eux se sont réfugiés dans d'autres zones du pays.

Au même moment, les combattants du groupe armé État islamique (ÉI) se sont emparés de plusieurs villes irakiennes et syriennes.

Des conservateurs d'antiquités avaient déjà signalé l'urgence d'agir alors que des pans entiers de l'histoire ont été éliminés.

Les extrémistes assiègent la ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak, depuis le mois de juin, qui abrite près de 1800 sites archéologiques. En Syrie et en Irak, ils ont déjà détruit plusieurs reliques. Ils ont aussi pillé certains sites et revendu des objets sur le marché noir.

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