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Le monde du sport est attristé par le décès de l'ex-Tricolore Jean Béliveau

03/12/2014 11:27 EST | Actualisé 02/02/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - Il n'y a pas que le monde du hockey qui soit en deuil de Jean Béliveau. Le décès de l'ex-no 4 du Canadien de Montréal, qui s'est grandement impliqué dans diverses oeuvres caritatives et au sein du conseil d'administration de plusieurs entreprises au cours de sa vie, est ressenti dans tout le monde du sport.

«Au-delà de son grand talent, c'est le plus grand capitaine de l'histoire du hockey en raison de la durée de sa carrière, de ses accomplissements et de la façon dont en parlent aujourd'hui ses ex-coéquipiers», a fait valoir Pierre Boivin, qui a côtoyé M. Béliveau pendant son séjour à la présidence du Canadien, de 1999 à 2011.

«C'est le plus grand homme à être sorti du monde sportif, ajoute-t-il. Personne d'autre que lui n'a été aussi impliqué auprès des partisans pendant et après sa carrière que lui. Il faisait preuve d'un grand respect envers quiconque, que vous étiez un employé d'entretien ou le président du club.»

«C'est impossible de faire la liste de toutes les causes pour lesquelles il s'est impliqué, note M. Boivin. Mais un exemple résume bien l'ampleur de sa générosité. Quand il a reçu son chèque de retraite de la LNH, de l'ordre de 100 ou 150 000 $ à l'époque, il n'en a pas touché un sou et a plutôt mis sur pied sa fondation pour venir en aide aux enfants. Quelques années plus tard, quand il n'avait plus le temps de s'en occuper, il a donné toute la somme — qui valait quelques millions à ce moment — à la Société pour les enfants handicapés du Québec.

«Ce n'est pas pour rien que nous avons créé le trophée Jean-Béliveau, que l'équipe remet à chaque année au joueur s'étant illustré par son implication dans la communauté.»

Ronald Corey, le prédécesseur de M. Boivin, a eu une relation privilégiée avec M. Béliveau, qui a été son vice-président pendant toute sa présidence. Rejoint entre deux vols à l'aéroport de Los Angeles, il a parlé de l'ancien capitaine du Canadien comme un homme intègre.

«Je retiens sa droiture. Il a été un exemple d'intégrité pour tous: les jeunes joueurs de hockey, les jeunes hommes d'affaires ou les jeunes politiciens. Il avait d'ailleurs refusé le poste de gouverneur général du Canada afin de demeurer auprès de sa famille», a rappelé M. Corey, qui est devenu président du Canadien en 1982.

M. Corey s'est aussi souvenu de la générosité de M. Béliveau.

«C'était un homme d'une extrême générosité. Il a toujours donné de son temps, même dans les derniers moments de sa vie. Il était très en demande partout et il a remis beaucoup à la société et à ses partisans, mais aussi à ses anciens coéquipiers: quand j'ai mis sur pied l'association des Anciens Canadiens, je l'ai fait à la demande de Jean Béliveau, Maurice Richard et Dickie Moore. Ils y tenaient beaucoup. Jean a toujours gardé un excellent souvenir de ses coéquipiers et leur parlait constamment. Il était toujours là pour les aider ou leur donner un conseil.»

«Même si je m'y attendais, c'est toujours un choc, a ajouté M. Corey. Je l'ai vu pour la dernière il y a peut-être une dizaine de jours. Ça me fait beaucoup de peine. D'abord, c'était un gars magnifique et pour ma part, je perds un compagnon de travail pendant plusieurs années et un ami.»

Bernard Brisset a longtemps côtoyé M. Béliveau — plus de 20 ans —, d'abord comme journaliste, mais ensuite comme vice-président aux communications du Canadien de Montréal. Il se rappelle à quel point le «Gros Bill» prenait au sérieux son titre d'ambassadeur du club.

«Ce n'était pas un ambassadeur pour la figuration, a-t-il indiqué. Jean était la définition par excellence du mot ambassadeur. Il a représenté le Canadien non seulement avec dignité, mais avec grandeur au cours de toutes ces quelque 20 ans.»

L'ex-journaliste Pierre Dufault a eu la chance de compter M. Béliveau parmi ses amis. Pendant de nombreuses années, les deux hommes ont brunché ensemble le dimanche matin, dans un restaurant de Brossard.

«Il était l'homme le plus abordable qu'on puisse imaginer, se rappelle-t-il. Il ne refusait pas un autographe, pas une photo. C'était vraiment un homme du peuple.»

«C'est un jour de deuil pour Montréal, le Québec et le Canada en entier, a déclaré Mark Weightman, président et chef de la direction des Alouettes. C'était un modèle à suivre pour tous les athlètes, tous sports confondus. Il a transcendé son sport et sa génération: plusieurs Québécois, comme moi, ne l'ont jamais vu jouer, mais on se sent comme si nous l'avions tous connu. Ses exploits, on les connaît comme si nous les avions vu en direct. Je ne crois pas avoir regardé un match de hockey avec mon père sans qu'il ne me parle de Jean Béliveau ou du Rocket.

«Quand on apprend à connaître un personne de cette façon-là, ça marque davantage, car on ne fait pas que raconter son histoire, on nous en fait un témoignage.»

«Nos pensées sont avec la famille de Jean Béliveau. Une légende au-delà de la sphère sportive. #4», a aussi indiqué l'organisation de l'Impact sur Twitter.

La famille olympique est aussi attristée par le décès de Jean Béliveau.

«C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de Jean Béliveau, cette grande légende du hockey et un ami que je connaissais depuis plus de 40 ans, a déclaré par communiqué Marcel Aubut, ex-président des Nordiques de Québec et actuel président du Comité olympique canadien. Jean était un véritable gentleman, une inspiration pour tous, tant sur la patinoire qu'en dehors de celle-ci. Au nom de toute l'équipe du Comité olympique canadien, nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis et à l'organisation des Canadiens de Montréal.»

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