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Album «Mini World»: Indila, l'artiste timide et secrète

03/12/2014 07:06 EST | Actualisé 03/12/2014 07:07 EST

Inconnue du grand public, Indila est devenue en quelques mois le phénomène de la scène musicale en France. Son dernier album Mini World s’est vendu comme des petits pains, jusqu'à détrôner au palmarès le chouchou Stromae. Pourtant l’artiste timide à la voix charnelle et aux accents orientaux ne se découvre pas si facilement. Rencontre.

Elle n’aime pas trop parler d’elle Indila. On le sent dès qu’on la rejoint pour l’entrevue dans un hôtel du centre-ville de Montréal. L’auteure-interprète, Adila Sedraïa de son vrai nom (merci Wiki!), ne révèlera pas son âge. On comprend vite qu’on n’en saura peu puisqu’elle entretient les mystères.

«Je suis d’abord une amoureuse de la musique, déclare-t-elle, sourire aux lèvres. Je ne veux pas que l’on me résume dans une catégorie ou que l’on m’enferme dans un genre musical particulier. Je n’imite personne. C’est la musique qui me définit, qu’importe qui je suis et d’où je viens.»

Née à Paris d’une famille d’origine algérienne, elle préfère parler de ses influences qui n’ont pas de frontière. De ses proches, on apprendra quand même que son amour de la musique lui vient surtout des femmes. Sa grand-mère, chanteuse dans les mariages. Ensuite sa mère et ses sœurs lui ont passé le flambeau.

indila

«J’ai grandi en écoutant plusieurs sortes de musique transmises de génération en génération. Dans ma famille, les goûts ont toujours été éclectiques. On écoutait aussi bien du Bon Jovi que du Mecano. Warda, Michael Jackson ou Lata Mangeshkar, ma vie est une succession de révélation qui vont de l’Orient jusqu’en Occident en passant par les classiques français tels Brel, Trenet, Piaf et Aznavour.»

Indila est arrivée par surprise. Personne n’attendait vraiment ce bout de jeune femme à la longue chevelure noire, au visage poupin et aux petites robes couleur pastel. Elle a commencé sa carrière dans l’ombre des rappeurs comme Soprano ou Rohff. Et puis en 2013, elle dévoile son premier vidéoclip Dernière danse qui sera visionnée sur YouTube par plus de 150 millions de personnes! Le succès est instantané.

«Je ne m’attendais pas à ce succès, assure-t-elle. Même si secrètement on l’espère toujours un peu, je suis la première surprise de tout ce qui se passe. La seule chose que je peux dire, c’est que j’ai vraiment tenté d’être sincère. J’ai voulu voyager avec la musique sans faire ce que l’on attend de moi. Je voulais surprendre avant tout.»

Un personnage

Indila se décrit volontiers comme une citoyenne du monde, ouverte aux cultures. Bref, pour elle, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C’est agaçant, car derrière cette volonté de ne pas choquer, on a souvent droit à un discours un peu trop formaté du genre «la vie mérite d’être vécue» ou bien «l’espoir fait vivre».

Au fond, sans doute se construit-elle un personnage. Le show-business en est rempli. Elle vient de sortir son premier album Mini World et elle en parle comme d’un univers singulier dans lequel ses admirateurs, qu’elle surnomme affectueusement ses «dreamers», peuvent la suivre dans ce petit monde qui semble avoir été construit à sa mesure.

«Je cherche l’émotion à travers la musique. J’offre ma couleur. Avec ce disque, je veux surtout montrer que les chansons peuvent nous réunir dans la célébration.»

La chanteuse prépare déjà un second album qui nous en apprendra peut-être un peu plus sur elle. En attendant, il faudra bien nous contenter de son Mini World.

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