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Procès d'un enseignant canadien accusé en Indonésie d'agression sexuelle

02/12/2014 04:51 EST | Actualisé 31/01/2015 05:12 EST

DJAKARTA, Indonésie - Les procès d'un enseignant canadien et d'un assistant à l'enseignement accusés d'avoir agressé sexuellement un enfant d'âge préscolaire ont débuté, mardi, à Djakarta, en Indonésie.

Neil Bantleman, de Burlington, en Ontario, et son adjoint Ferdinant Tjiong clament leur innocence, tout comme leurs collègues et le directeur de l'École internationale de Djakarta. Le juge leur a lu les chefs d'accusation, mardi, mais les prévenus n'ont pas encore prononcé un plaidoyer. Ils risquent une peine maximale de 15 ans de prison. Les deux accusés subissent des procès séparés.

À l'issue de l'audience de mardi, Bantleman semblait rieur et détendu. Il a lancé aux journalistes qu'il souhaitait que toute la vérité soit faite dans cette affaire, en dénonçant notamment la corruption en Indonésie.

Pendant que se déroulaient les premières audiences des deux procès, mardi, une soixantaine de sympathisants des accusés, essentiellement des enseignants et des parents d'enfants, manifestaient leur appui à l'extérieur du palais de justice, à Djakarta. Ils soutiennent que la victime présumée, âgée de six ans au moment des faits allégués, a été manipulée par des questions téléguidées lors d'un interrogatoire mené par des policiers inexpérimentés.

Neil Bantleman a été arrêté à Djakarta à la mi-juillet dans le cadre d'une enquête policière relativement à l'agression sexuelle présumée de trois enfants de la maternelle de l'école. Le Canadien s'était installé en Indonésie il y a quatre ans avec sa femme, qui enseigne elle aussi à la prestigieuse École internationale.

Selon les médias locaux, l'enquête a été ouverte après l'arrestation de six préposés à l'entretien en lien avec un présumé viol qui aurait été commis dans les toilettes de l'école, en mars dernier. Les parents de deux autres élèves ont déposé une plainte, affirmant que leur fils avait été agressé par des enseignants.

Selon Guy Bantleman, son frère Neil espérait que les accusations «farfelues» soient retirées mardi, mais il a hâte de pouvoir se défendre en cour.

«Même si nous n'avions jamais pensé nous rendre jusqu'au procès, au moins, on pourra faire défiler les accusateurs, consulter la prétendue preuve (...) et la réfuter, afin de blanchir la réputation de Neil», indiquait Guy Bantleman dans une entrevue lundi.

Les avocats du Canadien vont aussi essayer, entre-temps, d'obtenir la détention à résidence plutôt que la prison, où il aurait été menacé par des codétenus.

La famille a reçu d'Ottawa la semaine dernière une lettre de la ministre d'État pour les Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yelich, indiquant que le Canada ne ferait pas pression sur l'Indonésie pour obtenir la libération sous caution de Bantleman, en attendant la suite des procédures.

La famille de la présumée victime a intenté une poursuite de 130 millions $ contre l'école fréquentée par des enfants de diplomates, de gens d'affaires et de l'élite indonésienne. L'école internationale compte 2400 élèves âgés de trois à 18 ans, provenant d'une soixantaine de pays.

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