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Nétanyahou congédie deux ministres et annonce des élections anticipées

02/12/2014 12:20 EST | Actualisé 01/02/2015 05:12 EST

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien s'est dissout mardi, alors que le premier ministre Benjamin Nétanyahou a congédié deux ministres importants et a annoncé la tenue d'élections anticipées, plus de deux ans avant l'échéance.

Dans une annonce télévisée à la nation, M. Nétanyahou a annoncé le renvoi de Yair Lapid aux Finances et de Tzipi Livni à la Justice, vus comme étant ses critiques les plus virulentes.

Il a accusé M. Lapid et Mme Livni d'avoir fomenté un «putsch», ajoutant qu'il ne pouvait tolérer une telle opposition au sein de son gouvernement. Il a ensuite ajouté qu'il demanderait au Parlement de dissoudre l'assemblée, pour que des élections aient lieu «le plus rapidement possible».

Le gouvernement actuel, élu depuis 2013, était gravement divisé depuis plusieurs semaines.

La coalition englobait des députés du parti centriste, Yesh Atid, qui avait promis de soulager la classe moyenne et le parti Hatnuah, qui s'était engagé à faire avancer le processus de paix avec l'État palestinien.

On y retrouvait aussi des membres du Jewish Home, un parti radical, qui défendait l'établissement des colonies israéliennes en Cisjordanie, et le parti nationaliste Yisrael Beitenu, qui voulait redessiner les frontières pour se débarrasser de certains de ses citoyens arabes.

Le parti même de M. Nétanyahou était divisé entre des députés plus expérimentés d'allégeance centriste et des jeunes plus attachés à l'idéologie.

Le pays avait assisté à une courte période d'unité cet été, lorsque l'armée avait mené une offensive de 50 jours contre les militants du Hamas, à Gaza. Les politiciens se déchiraient toutefois sur plusieurs autres enjeux, comme le budget, les négociations de paix avec les Palestiniens et la construction de colonies israéliennes. Plusieurs désaccords existaient aussi sur la réponse appropriée aux attaques répétées des Palestiniens contre des Israéliens à Jérusalem.

L'écart entre les différentes factions s'est creusé d'autant plus la semaine dernière, lorsque le premier ministre a annoncé qu'il inscrirait dans la Constitution qu'Israël était «l'État des juifs». Plusieurs de ses détracteurs, dont M. Lapid et Mme Livni, ont avancé que cela porterait atteinte aux citoyens d'origine arabe.

Les pourparlers de paix avec la Palestine ont échoué, le printemps dernier, entraînant une série d'événements, dont le conflit à Gaza, des attaques palestiniennes en terre israélienne et, surtout, la dégradation des relations entre les deux peuples.

Il n'y a pas d'indication, pour l'instant, que les discussions reprendront entre les deux parties.

À Bruxelles, le secrétaire d'État des États-Unis John Kerry n'a pas voulu commenter la «politique intérieure» d'Israël.

«Évidemment, nous souhaitons que ces élections permettront de désigner un gouvernement qui voudra négocier et résoudre les différends entre les Israéliens et les Palestiniens», a-t-il souligné.

En Cisjordanie, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riad Malki a rappelé que les sondages montraient plutôt que le prochain gouvernement serait «plus à droite et extrémiste». Il estime que cela pourrait rallier la communauté internationale à la cause des Palestiniens.

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