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L'Isle-Verte: un plan d'urgence aurait fait toute la différence à la Résidence du Havre, selon le copropriétaire

02/12/2014 07:07 EST | Actualisé 02/12/2014 07:07 EST
François Drouin

L'absence d'un plan d'urgence pour la résidence du Havre, à L'Isle-Verte, a considérablement entravé le bon déroulement des opérations de secours et explique en partie pourquoi 32 personnes ont perdu la vie dans cette tragédie, de l'avis du copropriétaire de la résidence, Roch Bernier.

En entrevue à l'émission 24/60, au micro d'Alain Gravel, M. Bernier a déclaré qu'il avait réclamé des années durant que soit établi ce plan d'urgence. Mais des tensions entre la précédente administration municipale de L'Isle-Verte et les pompiers avaient rendu difficile l'élaboration dudit plan, affirme-t-il.

«Je reviendrai toujours au point crucial de cet incendie-là que s'il y avait eu le plan d'urgence comme je le réclamais depuis plusieurs années, tout simplement les pompiers seraient arrivés et ils auraient défoncé les portes. [...] Quand on est en urgence, on défonce les portes ou bien on les regarde?»

— Roch Bernier, copropriétaire de la Résidence du Havre à L'Isle-Verte

Un petit loquet qui est demeuré fermé

Le copropriétaire de la résidence pour personnes âgées reconnaît qu'un autre facteur a pu jouer un rôle défavorable dans le déroulement des événements, soit la présence d'un loquet sur une des portes d'accès. Le loquet en question visait à empêcher les pensionnaires de la résidence de s'enfuir la nuit, des incidents qui s'étaient produits par le passé, explique M. Bernier en substance.

« Le petit loquet on le mettait vers 22 h 30 parce que les clients pouvaient errer la nuit en petite tenue dans la neige; pour éviter ça on mettait le petit loquet ou [pour empêcher que] des gens de l'extérieur puissent rentrer. »

— Roch Bernier, copropriétaire de la Résidence du Havre à L'Isle-Verte

Sauf que, la nuit du drame, le loquet n'a jamais pu être déverrouillé. En principe, le gardien de nuit aurait pu le soulever, mais au moment où il a tenté de se diriger vers cette porte, la fumée était devenue beaucoup trop dense pour qu'il s'aventure plus avant. «C'est le petit loquet qui n'a pas fonctionné», d'expliquer M. Bernier.

La question de la formation du personnel fait également partie des facteurs qui doivent être pris en considération; M. Bernier assure que les employés de la résidence avaient reçu une formation «technique», mais pas «pratique». «Pour avoir la certification tout le monde a passé la formation technique», affirme Roch Bernier.

Rappelons que l'enquête du coroner Cyrille Delâge sur la tragédie de L'Isle-Verte a été ajournée et doit reprendre dans deux semaines. Roch Bernier doit y témoigner le 17 décembre.

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