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Les réfugiés syriens déplorent la décision du PAM de suspendre son aide

02/12/2014 03:25 EST | Actualisé 01/02/2015 05:12 EST

BEKAA, Liban - Les Syriens réfugiés au Liban ressentaient de la panique, mardi, au lendemain de l'annonce que le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU devait suspendre son aide alimentaire fournie à quelque 1,7 million de réfugiés, en raison d'un manque de fonds.

Lundi, l'organisme a cessé l'émission de bons alimentaires électroniques parce que, selon lui, ses donateurs n'ont pas respecté leurs engagements. Les réfugiés en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Égypte ne pourront donc plus bénéficier de cette aide pour acheter de la nourriture dans les marchés locaux, a indiqué l'agence de l'ONU.

La nouvelle est désastreuse pour les nombreuses familles déjà fragilisées à l'aube de l'hiver, qui s'annonce rude. Plusieurs réfugiés dépendaient de ces tickets alimentaires pour manger.

La suspension du programme touchera particulièrement le Liban, qui accueille plus de 1,1 million de réfugiés syriens, représentant le quart de sa population totale.

Les Syriens vivent dans des camps de réfugiés improvisés. La plupart du temps, ils doivent habiter en groupe dans des abris et des tentes, sur des sites de construction abandonnés.

D'autres organismes sont établis dans la région, mais le PAM est le principal pourvoyeur pour les réfugiés.

Pour Khaldieyeh Abbas, au Liban depuis plus de trois ans avec son mari et ses six enfants, âgés de 6 à 20 ans, cet appui était nécessaire. Cela lui permettait d'acheter aussi peu qu'un demi-kilogramme de viande par mois pour toute sa famille.

Le chef de l'opposition syrien Hadi Bahra estime que cette suspension du programme va «affamer jusqu'à la mort des milliers de familles».

«C'est inacceptable que les réfugiés qui ont fui la violence et la mort en Syrie soient maintenant laissés seuls face à leur souffrance et à leur survie dans des circonstances extrêmement difficiles», a-t-il déploré, dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères du Koweït, Khaled Al-Jarallah, cité par l'agence de presse de l'État, s'inquiète de la tenue de la troisième conférence des donateurs, étant donné qu'ils n'ont pas pu remplir leurs promesses précédentes.

Le Koweït a organisé deux autres conférences internationales de donateurs pour la situation en Syrie en 2013 et 2014. Les créanciers s'étaient engagés à verser des dons d'une valeur de 3,6 milliards de $.

Le Programme alimentaire mondial aurait besoin de 64 millions $ pour aider les réfugiés seulement pour le mois de décembre.

«Nous nous appuyons sur Dieu et l'ONU (...) Je demande à l'ONU de ne pas nous abandonner. Nous avons besoin de nourriture, de diesel et de vêtements. Il va bientôt neiger. Que ferons-nous?», a regretté Aisha, qui a quitté sa ville natale de Abu Zuhour pour aller dans le camp de Al-Faour, dans l'est du Liban.

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