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L'ADN du squelette de Richard III remet en cause la légitimité des Tudor

02/12/2014 04:59 EST | Actualisé 01/02/2015 05:12 EST

LONDRES - Le squelette découvert sous un stationnement de Leicester en 2012 est fort probablement celui de l'ancien roi d'Angleterre Richard III, mais des récents tests d'ADN soulèvent maintenant des doutes sur la filiation de certains de ses successeurs, affirment des scientifiques.

Les experts avaient déjà authentifié le squelette, l'an dernier. Ils l'avaient identifié grâce à une analyse de sa colonne vertébrale et des traces de blessures ayant mené à la mort du monarque.

Selon une nouvelle étude — le plus vieux cas médico-légal résolu —, les chercheurs ont comparé l'ADN du squelette avec des descendants du côté maternel encore en vie. L'ADN étudié a aussi permis de déterminer que ses yeux étaient bleus et ses cheveux blonds, ce qui serait compatible avec le plus vieux portrait connu du roi.

Une généticienne de l'Université de Leicester, Tiru King, a certifié que le squelette est celui-ci de Richard III à 99,999 pour cent. Quand ses collègues et elle ont comparé l'ADN avec des échantillons provenant d'une dent et d'un os d'un descendant du côté maternel de l'ancien roi anglais, ils ont découvert une compatibilité parfaite.

L'équipe de chercheurs ont aussi comparé l'ADN avec celui de descendants provenant du côté paternel; ils ont été incapables d'établir une filiation. Ils ne peuvent pas dire à quel moment l'adultère serait survenu. Selon eux, on pourrait mettre en doute la légitimité des rois Henri V, Henri VI et de l'entière dynastie des Tudor, dont Henri VIII et Élisabeth 1ère.

Le vice-chancelier de l'université, Kevin Schurer, a toutefois rappelé que le sang n'était pas le seul facteur pour déterminer la légitimité d'un monarque. Il faut aussi considérer les victoires militaires et les mariages royaux. Selon lui, l'actuelle famille royale britannique — qui descend d'une branche des Tudor — n'a rien à craindre.

«Nous ne sommes certainement pas en train de dire que (Elizabeth II) ne devrait pas se trouver sur le trône», a ajouté M. Schurer.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Nature Communications, mardi.

Richard III est le dernier roi anglais mort sur un champ de bataille, lors de la Guerre des Deux-Roses, en 1485. William Shakespeare l'avait immortalisé dans la pièce Richard III où il lui faisait dire la célèbre réplique: «Un cheval! Mon royaume pour un cheval!».

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