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La Coupe Vanier a été plus qu'une victoire sportive pour les Carabins

02/12/2014 01:50 EST | Actualisé 01/02/2015 05:12 EST

MONTRÉAL - La victoire in extremis de 20-19 des Carabins contre les Marauders de McMaster à la Coupe Vanier, samedi dernier, aura été plus qu'une victoire sportive pour la formation de l'Université de Montréal.

Point culminant de la carrière d'athlète de plusieurs des joueurs des Carabins, pour la direction de l'équipe et celle de l'université, elle se veut une confirmation que la voie empruntée lors du retour du programme de football aura été la bonne.

Car pour Manon Simard, directrice des programmes de sport d'excellence, et l'entraîneur-chef Danny Maciocia, la victoire à tout prix n'était pas une option. Les joueurs retenus par les Carabins devaient exceller sur le plan académique et répondre aux valeurs que souhaitent véhiculer l'université en plus d'exceller sur le terrain.

«La beauté de la réalisation d'aujourd'hui, ce n'est pas juste d'avoir gagné une coupe Vanier, c'est d'avoir gagné une coupe Vanier de la bonne façon, en respectant ce qu'on voulait faire. Ça, c'est majeur, n'a pas manqué de rappeler Mme Simard.

«Quand Danny a accepté de se joindre au programme, c'est ça qu'il a accepté de porter. Et ce n'est pas rien de porter ça, car ce que ça veut dire, c'est que vous avez choisi de devenir d'aussi bons étudiants que de bons athlètes, avec tout ce que ça comporte. Ça, pour nous, c'est plus grand que tout ce que vous avez réalisé. Vous avez gagné une coupe Vanier, vous allez gagner un diplôme à court, moyen ou long terme et c'est ce qu'on bâtit dans notre société. Le sport est un outil unique pour le faire.»

«Il y a quatre ans, quand j'ai eu la chance de m'asseoir avec Manon Simard et que nous discutions du poste, je ne lui ai posé qu'une question: 'Comment voulez-vous gagner?' a raconté Maciocia. La réponse était la suivante: on voulait gagner avec des valeurs. On voulait créer un esprit de famille. On voulait travailler très fort, mais on voulait aussi transmettre aux joueurs des valeurs afin qu'ils puissent, nous l'espérons, les transmettre un jour à d'autres.

«On voulait s'entourer avec des jeunes pas seulement pour une période de quatre ou cinq ans. On souhaitait que pour ces jeunes, venir chez nous, ce soit un choix de vie. Je crois qu'on a été capable de le faire.

«C'est beau de gagner la coupe Vanier. Je l'apprécie et c'est un moment qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Mais notre plus grande victoire au cours des quatre dernières années, c'est sans doute ce qu'on a pu transmettre à nos joueurs et de toujours garder nos valeurs en place.»

On sent d'ailleurs que Maciocia est heureux dans ce rôle, que ces sentiments et ces valeurs évoqués au cours des dernières semaines ne sont pas de la frime.

«Ce n'est pas du sport professionnel: j'ai vraiment la chance de faire une différence dans leur vie. Ces gars sont plus que des athlètes, ils font partie de ma famille. Ce sont des jeunes qui vivent des défis personnels ou qui passent parfois par des moments plus difficiles dans leur vie. La porte de notre bureau est toujours ouverte, comme celle de nos demeures: c'est arrivé que j'accueille chez mois des étudiants-athlètes pour des soupers ou des fêtes, comme à Noël par exemple.

«Le poste d'entraîneur-chef dans les rangs universitaires, c'est seulement 50 pour cent de ton temps. Chez les pros, c'est une business: on te paie 100 000 $ et on attend 100 000 $ en retour. Ici, on ne peut pas les libérer ou les échanger. Alors on fait tout ce qu'on peut pour eux.»

Une victoire qui rejaillit sur le campus

Cette victoire rejaillit également sur les autres programmes de sports d'excellence, mais aussi sur tous les étudiants de l'université.

«Elle marque l'histoire du sport d'élite sur notre campus», a signalé le directeur des HEC, Michel Patry.

«C'est un moment de fierté pour tout le monde, a pour sa part indiqué le recteur, Guy Breton. Ça démontre aux jeunes que même dans les périodes qui ne sont pas nécessairement faciles, quand on a de la rigueur, de la détermination et un esprit d'équipe, on peut déplacer des montagnes. Ça rejaillit sur l'ensemble des gens sur le campus: qu'ils soient employés, professeurs, étudiants ou diplômés, les gens sont contents.»

Évidemment, cette conquête de la coupe Vanier rendra la vie plus facile à Maciocia et à son équipe pour le recrutement des nouveaux porte-couleurs des Bleus: ceux qui désirent poursuivre leurs études universitaires en français tout en jouant au football disposent maintenant d'une autre option «gagnante».

«Il n'y a pas de doute qu'il y a maintenant une deuxième option qui n'existait pas avant. L'Université Laval a un bon programme de football, bien dirigé. Mais c'est certain que maintenant, il y a deux options au Québec. J'espère que dans les prochaines années, il y en aura davantage. J'espère que les autres institutions québécoises pourront s'inspirer que ce que nous avons fait au cours des trois dernières semaines, parce qu'avec du travail et des valeurs, on peut tout accomplir.»

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