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Le pape François lance un appel à la paix pour l'Ukraine

30/11/2014 09:05 EST | Actualisé 30/01/2015 05:12 EST

ISTANBUL - Le pape François et le leader spirituel des chrétiens orthodoxes de la planète ont appelé dimanche à la fin de la persécution des minorités religieuses en Irak et en Syrie, en plus de lancer un nouvel appel pour un «dialogue constructif» avec les musulmans, mettant fin à la visite de trois jours du pape avec une démonstration de solidarité chrétienne face à la souffrance et à la violence.

Le pape et le patriarche oecuménique Barholomée 1er ont publié dimanche une déclaration commune demandant aux leaders de la région d'augmenter leur aide aux victimes du groupe armé État islamique, surtout en permettant aux chrétiens implantés dans la région depuis plus de 2000 ans de demeurer sur leurs territoires.

«La situation terrible des chrétiens et de tous ceux qui souffrent au Moyen-Orient nécessite non seulement nos prières constantes mais aussi une réponse appropriée de la part de la communauté internationale», ont-ils écrit.

Le pape François a réitéré cet appel un peu plus tard, quand il a rencontré une centaine d'enfants syriens et irakiens réfugiés. Il a dit vouloir partager leur douleur, leur offrir son réconfort et leur donner de l'espoir.

«Je demande aux leaders politiques de toujours se souvenir que la grande majorité de ces gens aspirent à la paix, même s'ils n'ont parfois pas la force et la voix de la demander», a-t-il dit. Pendant cette rencontre, une jeune Irakienne a raconté au pape les souffrances des chrétiens d'Irak qui ont dû quitter leurs résidences.

Le pape François, qui représente les 1,2 milliard de membres de l'Église catholique, et Bartolomée 1er, le leader spirituel de 300 millions de chrétiens orthodoxes, ont demandé un «dialogue constructif» avec l'Islam «basé sur le respect mutuel et l'amitié».

«Inspirés par des valeur communes et renforcés par des sentiments fraternels véritables, musulmans et chrétiens sont appelés à travailler ensemble pour le bien de la justice, de la paix et du respect de la dignité et des droits de toute personne, surtout dans les régions habitées en coexistence pacifique depuis des siècles mais aujourd'hui en proie aux horreurs de la guerre», ont dit les deux hommes au terme d'une longue cérémonie pour souligner la fête de saint André, un événement important pour l'Église orthodoxe.

Cette célébration était la principale raison du déplacement de trois jours du pape François en Turquie.

Les deux Églises se sont séparées en 1054 en raison d'un désaccord sur la primauté du pape, et à une certaine époque le patriarche oecuménique devait embrasser les pieds du pape. Mais dimanche, le pape François s'est incliné devant Bartholomée 1er et lui a demandé sa bénédiction, pour lui et pour l'Église de Rome, dans un geste d'humilité qui témoigne de son espoir de pouvoir mettre fin au schisme.

Lors de remarques prononcées dimanche, le pape François a assuré aux fidèles orthodoxes devant lui que l'unité n'entraînerait pas la disparition de leur riche patrimoine liturgique ou culturel, ou encore «la soumittions d'un envers l'autre, ou l'assimilation».

«Je veux rassurer chacun d'entre vous ici présent que, pour atteindre l'objectif désiré d'une pleine unité, l'Église catholique n'entend imposer aucune condition, à part celle d'une profession de foi partagée», a-t-il dit.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a reconnu l'aspect novateur du message du pape. Pendant que les théologiens débattent des différences entre les deux Églises, a-t-il dit, le pape et Bartholomée 1er continuent à «pousser avec une force incroyable en direction de l'unité» avec leurs nombreux et chaleureux contacts personnels.

Plus tard, à bord de l'avion qui le ramenait au Vatican, le pape a confié aux journalistes qu'il doute que le schisme prendra fin un jour. Il s'est aussi dit très intéressé à rencontrer le leader de l'Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill.

«J'ai dit que j'irais n'importe où — vous m'appelez et j'y vais. Et il a le même désir, a dit le pape. Mais avec les problèmes de la guerre, le pauvre type a tellement de problèmes, qu'une rencontre avec le pape devra attendre. Mais nous voulons nous rencontrer. Nous voulons progresser.»

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