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Nicolas Sarkozy est élu président de l'UMP sans grand éclat

29/11/2014 02:48 EST | Actualisé 29/01/2015 05:12 EST

PARIS - L'ancien président de la France Nicolas Sarkozy a été désigné président de son ancien parti, l'Union pour un mouvement populaire (UMP), samedi, mais avec moins d'appuis qu'il avait prévu.

Sans surprise, le politicien de 59 ans a été élu au premier tour du scrutin avec 64,5 pour cent du vote des membres, contre les anciens ministres Bruno Le Maire et Hervé Mariton. M. Sarkozy espérait gagner avec une plus grande marge contre ses adversaires.

Le nouveau président du parti n'a pas livré de discours de victoire, se contentant de remercier laconiquement ses partisans sur ses comptes Twitter et Facebook et saluant ses «dignes» adversaires.

«Bien sûr, je suis content», a-t-il concédé, au micro d'un journaliste. M. Sarkozy, reconnu pour être flamboyant, semblait plutôt déçu de cet accueil mitigé des militants pour son retour officiel en politique active.

Le politologue Thomas Guenole avait prédit qu'un score en dessous de la barre des 70 pour cent allait constituer un «échec» pour lui. Le commentateur Mikael Darmon a lui aussi estimé que M. Sarkozy «n'était pas le gagnant, politiquement».

Au même moment, son rival Bruno Le Maire se réjouissait d'avoir récolté près de 30 pour cent du vote. «Ce soir, je suis content», a-t-il lancé.

Hervé Mariton a fermé la marche avec un maigre six pour cent.

Quoi qu'il en soit, la victoire de M. Sarkozy lui permet d'espérer de devenir le candidat de son parti à la prochaine élection présidentielle de 2017. L'ancien président était disparu de la scène politique après sa défaite contre le président socialiste François Hollande en 2012.

L'UMP choisira son candidat à la présidence en 2016. M. Sarkozy devrait avoir deux adversaires de taille — son ancien premier ministre François Fillon et un autre ancien premier ministre, Alain Juppé. Les deux hommes sont vus comme plus modérés, et surtout moins explosifs que l'ancien président français.

Les quelque 270 000 membres étaient invités à se prononcer samedi, par Internet. Le système informatique de l'UMP a d'ailleurs été victime d'une cyberattaque «organisée» qui a ralenti le processus, selon le secrétaire-général du parti, Luc Chatel, qui était en entrevue avec la chaîne de radio France-Info. Une enquête est en cours et le parti intentera des actions en justice contre les pirates informatiques qui n'ont pas été identifiés, selon M. Chatel.

En 2004, Nicolas Sarkozy avait fait une entrée beaucoup plus fracassante à la présidence de son parti. Il avait remporté la victoire avec 85 pour cent du vote, ce qui lui avait permis de se présenter à la présidence du pays trois ans plus tard.

Depuis sa défaite en 2012, il a montré quelques faiblesses et il a surtout éprouvé des problèmes avec la justice française, alors qu'il a été mis en examen en juillet dernier.

Les politiciens de la droite française se préparent minutieusement pour les élections de 2017, encouragés par la chute de popularité du président actuel François Hollande.

Ils devront aussi affronter à leur droite le Front national de Marine Le Pen, qui a gagné des appuis dans les derniers mois dans un contexte de situation économique morose.

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