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Mexique: des chauffeurs disent être pris en otage par des étudiants

29/11/2014 04:06 EST | Actualisé 29/01/2015 05:12 EST

TIXTLA, Mexique - Alors que les Mexicains tentent toujours de résoudre le mystère des 43 étudiants d'un collège, disparus au mois de septembre, plusieurs chauffeurs d'autobus se disent pris en otage par d'autres étudiants de cette école qui ont saisi leurs véhicules.

Une trentaine de chauffeurs seraient gardés captifs dans l'école du sud du pays, devant même reconduire les activistes dans leurs déplacements. Certains d'entre eux disent être confinés au collège depuis plus d'un mois.

Ils ne peuvent pas abandonner leurs autobus, puisque la compagnie les tient responsable financièrement pour les véhicules, qui valent parfois plus de 100 000 $. De plus, les autorités n'osent pas s'aventurer dans cette zone afin de ne pas raviver les tensions avec les étudiants.

Les conducteurs sont donc contraints à dormir dans les coffres de leurs autobus, qui servaient auparavant à empiler les bagages de leurs voyageurs.

Ils peuvent se promener dans les alentours de l'école et se baigner dans la piscine du campus, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont libres pour autant, a expliqué un des hommes qui s'est confié à l'Associated Press. Les chauffeurs ont préféré garder l'anonymat pour ne pas se faire reconnaître des étudiants.

«Un prisonnier peut aussi aller faire de l'exercice; cela ne signifie pas qu'il est libre», a affirmé l'un d'entre eux.

Les étudiants du collège, reconnus pour faire preuve d'un militantisme parfois violent, affirment avoir besoin des autobus pour se rendre aux nombreuses manifestations depuis la disparition des 43 étudiants, le 26 septembre dernier.

L'étudiant Omar Garcia reconnaît que les chauffeurs sont dans une situation difficile, alors qu'ils ne peuvent pas recevoir un salaire pour leur famille. Mais il estime ne pas avoir le choix, puisque lui et ses camarades ne savent pas comment conduire de tels véhicules.

Les conducteurs ont demandé à leurs employeurs d'envoyer des remplaçants pour qu'ils puissent revenir à la maison et voir leur famille, mais en vain. Selon M. Garcia, toutefois, les étudiants seraient en pourparlers avec les compagnies pour permettre une rotation des employés aux dix jours.

Depuis la disparition des étudiants, des manifestations quotidiennes sont organisées pour protester contre le gouvernement.

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