POLITIQUE

Francophonie : hommages à Abdou Diouf avant de trouver son successeur

29/11/2014 07:19 EST | Actualisé 29/11/2014 07:19 EST
Sean Kilpatrick/The Canadian Press
Abou Diouf, Secretary General of La Francophonie, is seen during a meeting with Prime Minister Stephen Harper on Friday, Oct. 22, 2010. (AP Photo/The Canadian Press, Sean Kilpatrick)

C'est l'heure des dernières tractations à Dakar, au Sénégal, pour les candidats au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en vue du vote de dimanche, dont l'issue est imprévisible.

Ce 15e Sommet de la Francophonie est l'occasion pour l'actuel secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, de passer la main après plus de 10 ans à la tête de l'organisation.

L'ancien chef d'État sénégalais a fait l'objet samedi d'une série d'hommages de la part des représentants des pays de la francophonie.

« Vous avez fait beaucoup pour la cause qui est la nôtre, la langue française, beaucoup pour la démocratie, beaucoup pour la paix. Merci, Abdou Diouf », a déclaré le président français François Hollande, dans son discours devant les représentants, samedi.

« Il a guidé la Francophonie comme un bon père de famille, de la naissance à l'âge de la maturité. Ce qu'il a accompli fait dorénavant partie de l'histoire », a dit de son côté le premier ministre canadien Stephen Harper.

Abdou Diouf a affirmé dans le dernier discours de sa vie publique, à 79 ans, que la plus grande menace n'est « pas seulement le terrorisme ou le changement climatique », mais « c'est de persister dans l'idée d'une communauté internationale qui ne soit pas une véritable communauté démocratique de nations ».

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Jeunesse, femmes, Ebola et terrorisme

Le président sénégalais, Macky Sall, a inauguré ce sommet consacré aux jeunes et aux femmes en appelant à la solidarité contre l'Ebola.

Symbole des inquiétudes régionales, les participants étaient priés de prendre leur température pour vérifier l'absence de fièvre, premier symptôme de la maladie qui affecte sévèrement la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia.

François Hollande a de son côté appelé dans son discours les États africains à tout faire « pour qu'il n'y ait plus d'Ebola ». Il demande aussi aux dirigeants à « s'unir contre la barbarie » dans la foulée des attentats commis par le groupe islamiste armé Boko Haram. Ce groupe est soupçonné d'être responsable d'un attentat ayant fait au moins 120 morts vendredi dans une mosquée du Nigeria.

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M. Hollande a par ailleurs a martelé un avertissement aux dirigeants qui voudraient s'accrocher au pouvoir à tout prix et rappelé que la Francophonie était « soucieuse des règles de démocratie ». Il a cité en exemples la « leçon » de la transition tunisienne et « la belle démonstration » du Burkina Faso, qui a entamé une transition politique après le départ du président Blaise Compaoré.

Les délégués présents au sommet doivent adopter une stratégie économique, décidée lors de la rencontre précédente de Kinshasa, il y a deux ans, ainsi qu'un cadre stratégique qui fixera les objectifs de l'OIF pour la période 2015-2022. Les pays adopteront aussi une déclaration commune, dimanche, concernant les femmes et la jeunesse.

Le premier ministre Stephen Harper a invité les membres de la francophonie à agir dans le dossier des mariages forcés, dans son discours devant les délégués, pendant la cérémonie d'ouverture.

M. Harper a affirmé que de 2004 à 2014, 100 millions de jeunes filles ont été forcées de se marier avant d'atteindre l'âge adulte.

« Il existe un autre domaine dans lequel nous pouvons et nous devons agir: les mariages d'enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, a-t-il dit. [...] Lorsque les filles ne peuvent atteindre leur plein potentiel, tous en souffrent: les filles, leurs enfants, leurs collectivités et leurs pays », a-t-il affirmé.

Discussions de couloir avant le vote de dimanche

Mais les chefs d'États et de gouvernements présents à Dakar se sont bien gardés d'aborder l'épineuse question du remplacement d'Abdou Diouf ou d'appuyer publiquement l'un ou l'autre des candidats à sa succession. Cette question fait toutefois l'objet de nombreuses discussions et des tractations se déroulant en coulisse, loin des micros et des caméras.

La France s'est toutefois avancée d'un pas en faveur de la candidature de la Canadienne Michaëlle Jean.

À la veille de la nomination, le suspense est encore total. À moins qu'un consensus se dégage à la dernière minute, les chefs d'États et de gouvernement risquent de devoir voter pour sélectionner le nouveau secrétaire général de l'OIF, ce qui serait une première dans la jeune histoire de l'organisation.

Les candidats à la succession d'Abdou Diouf sont Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada, Henri Lopes, ancien premier ministre du Congo, Jean-Claude de l'Estrac, ex-ministre des Affaires étrangères de Maurice, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, et Agustin Nze Nfumu, ex-ambassadeur de la Guinée équatoriale au Royaume-Uni.

Avec un reportage de Jean-François Bélanger

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