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En Grande-Bretagne, l'esclavage est loin d'être seulement un souvenir honteux

29/11/2014 03:11 EST | Actualisé 29/01/2015 05:12 EST

LONDRES - Plus de 13 000 Britanniques sont victimes de trafic humain, d'exploitation sexuelle ou d'autres formes d'esclavage moderne, selon un rapport gouvernemental dévoilé samedi.

Le document du ministère de l'Intérieur — qui se veut la première estimation officielle de l'étendue du phénomène en Grande-Bretagne — fait allusion aux filles et aux femmes obligées de se prostituer, aux aides domestiques peu ou pas du tout rémunéréesainsi qu'aux ouvriers forcés à travailler dans les fermes, les usines ou encore sur des bateaux de pêche.

La ministre de l'Intérieur, Theresa May, a dit que «la première étape pour éradiquer l'esclavage moderne consiste à reconnaître son existence».

Elle a ajouté que le phénomène a pris des proportions «choquantes» et que les plus récentes données au sujet de ce fléau prouvent qu'une «action urgente s'impose».

Le rapport a été préparé dans le but de recenser les victimes qui n'ont pas rapporté les délits les ayant affectées. Leurs cas ne sont pas pris en considération par l'Agence nationale du crime lorsqu'elle prépare ses statistiques.

En 2013, cette dernière organisation avait déterminé que 2744 Britanniques pouvaient être considérés comme des victimes d'esclavage moderne.

Selon les autorités, le nombre de cas rapportés est en augmentation depuis quelques années.

Cependant, l'étendue réelle du problème est difficile à établir car bien des victimes sont étroitement surveillées ou carrément cachées. De plus, elles sont généralement trop craintives pour s'adresser aux policiers.

Plusieurs des victimes proviennent de pays comme la Roumanie, la Pologne, l'Albanie et le Nigeria.

Par contre, des enfants et des adultes britanniques vulnérables deviennent également souvent les proies de trafiquants d'êtres humains.

L'Agence nationale du crime soutient que, l'an dernier, la Grande-Bretagne arrivait en troisième position dans la liste des pays d'origine des victimes d'esclavage.

Un projet de loi pour s'attaquer au problème fait l'objet d'un débat au Parlement ces jours-ci.

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