NOUVELLES

Égypte: Moubarak est acquitté d'avoir causé la mort de centaines de personnes

29/11/2014 05:48 EST | Actualisé 29/01/2015 05:12 EST
ASSOCIATED PRESS
In this image made from video broadcast on Sada el-Balad via Egypt's State Television, ousted Egyptian President Hosni Mubarak sits in the defendant cage during his trial at a court in Cairo, Egypt, Saturday, Nov. 29. Egypt court dismissed criminal charges against Mubarak in the killing of more than 900 protesters during the 2011 uprising against his rule. (AP Photo/Sada el-Balad via Egypt's State Television)

LE CAIRE, Égypte - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak a été acquitté samedi des accusations d'avoir causé la mort de centaines de personnes en réprimant le soulèvement populaire de 2011 qui l'a chassé du pouvoir.

La justice égyptienne a aussi abandonné l'accusation de corruption qui pesait sur l'ancien dictateur âgé de 86 ans.

Le juge Mahmoud al-Rashidi estime que les accusations contre lui sont «inadmissibles».

Quelque 2000 jeunes ont manifesté contre le verdict à proximité de la place Tahrir, l'endroit où les troubles sociaux avaient pris naissance en 2011.

Un résident du Caire s'est insurgé qu'on n'ait pas trouvé de coupable aux événements tragiques.

«Qui a tué les martyrs? Je veux savoir qui a tué les martyrs», a déploré Nermine Fathy. Jusqu'à maintenant, près de 170 policiers et agents de sécurité ont été acquittés par les tribunaux égyptiens.

Les protestataires ont également entonné des chants pour dénoncer l'influence de l'armée, dont l'ancien chef d'état-major, Abdel Fattah Al-Sissi, est désormais président.

«Le peuple veut renverser le régime», a scandé la foule, reprenant ainsi un slogan devenu très populaire durant le soulèvement d'une durée de 18 jours contre Hosni Moubarak.

En soirée, les policiers ont aspergé les manifestants d'eau et de gaz poivré pour les disperser. Les Frères musulmans, organisation interdite au pays, venaient de se joindre au rassemblement et des militants lançaient des roches aux policiers, selon le ministre de l'Intérieur.

Les policiers auraient arrêté 29 personnes, selon des porte-parole des forces de l'ordre ayant conservé l'anonymat.

Le ministère de la Santé a précisé dans un communiqué, diffusé tôt dimanche, qu'une personne avait été tuée, et que neuf autres avaient été blessées lors des affrontements.

Cette vague de mécontentement contrastait avec les exclamations de joie des partisans de l'ex-chef d'État qui s'étaient déplacés pour l'accueillir alors qu'il regagnait l'hôpital militaire dans lequel il demeure détenu dans la foulée de la présentation du verdict.

Une fois rendu à l'intérieur de l'établissement, l'ancien politicien a triomphalement envoyé la main à ses admirateurs.

Un annonceur de la télévision est parvenu à joindre Hosni Moubarak par téléphone et il en a profité pour lui demander s'il a bel et bien ordonné que ses détracteurs soient abattus.

«Je n'ai rien fait du tout», a-t-il répondu. Moubarak avait été condamné à la prison à perpétuité lors d'un premier procès en 2012. Le verdict avait été annulé en appel.

D'autres anciens dirigeants ont également été absous samedi.

L'ancien président a d'ailleurs reçu les félicitations du Roi du Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa, selon une agence de presse locale.

Il demeure, toutefois, incarcéré après avoir été reconnu coupable, en mai dernier, de détournement de fonds publics.

Depuis son arrestation en 2011, l'ex-président a passé pratiquement tout son temps dans des hôpitaux en raison de son piètre état de santé. Samedi, il s'était présenté au tribunal sur une civière.

INOLTRE SU HUFFPOST

Manifestations et répression en Égypte (14 au 16 août 2013)