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Ottawa, Québec et les villes offrent 100 M $ pour peinturer le pont de Québec

28/11/2014 12:10 EST | Actualisé 28/01/2015 05:12 EST

Ottawa, Québec ainsi que les villes de Québec et de Lévis se disent prêts à offrir 100 millions $ pour que le pont de Québec soit repeint et ils invitent son propriétaire, le CN, à faire sa part en payant la différence.

Il s'agirait de la moitié de la facture totale, si l'on se fie à une estimation du CN.

Les ministres et les maires ont fait cette annonce vendredi, lors d'un point presse conjoint en matinée à Québec.

Mais il n'a pas été mentionné par ceux-ci si le CN avait accepté ces contributions financières pour restaurer le pont dont la peinture se soulève par plaques et s'effrite.

En fin d'après-midi, le CN a réagi de façon prudente, mais ne s'est pas engagé à payer une partie des travaux.

«Le CN demeure prêt à tout faire pour faciliter de tels travaux de peinture dans la mesure où les trois paliers de gouvernement sont prêts à les financer», a fait savoir Jim Feeny, le directeur des affaires publiques, dans un courriel, après avoir refusé une demande d'entrevue.

«Nous prenons acte de l'intérêt des différents paliers de gouvernement d'investir dans la mise en valeur patrimoniale du pont de Québec. Notre position a toujours été que cela est une responsabilité qui leur incombe naturellement, et l'annonce d'aujourd'hui indique qu'ils le reconnaissent mieux maintenant», a-t-il ajouté.

Le gouvernement du Canada propose d'investir 75 millions $ et le gouvernement du Québec 23,5 millions $.

La Ville de Québec a ajouté 1 million $ à la cagnotte et celle de Lévis 500 000 $ pour réhabiliter cette porte d'entrée de la ville, propriété de l'entreprise ferroviaire Canadien National (CN).

Les contributions financières s'accumulent, mais selon le ministre fédéral de l'Infrastructure, Denis Lebel, «il y encore loin de la coupe aux lèvres».

«Le pinceau n'est pas dans nos mains», a rappelé le ministre.

M. Lebel dit avoir rappelé au CN, dont les trains circulent sur le pont, son «obligation morale» de repeindre «ce joyau» architectural. «Son état actuel est inacceptable», a-t-il répété.

Il lui fait cette demande en tant que «bon citoyen corporatif», laissant entendre qu'il en a largement les moyens, puisqu'il a rappelé publiquement lors du point de presse les profits de l'entreprise l'an dernier, à hauteur de 2,6 milliards $.

«Malgré la réponse négative du CN à ce jour, nous gardons espoir», a dit M. Lebel.

Les maires de Lévis et de Québec reprochent au CN de ne pas s'occuper du pont dont l'aspect enlaidit le paysage de leurs villes respectives. Mais le CN juge que sa responsabilité est de s'assurer que la structure soit sécuritaire, et non nécessairement esthétique.

Le coût total pour peinturer ce pont à cantilever n'a pas été mentionné vendredi. Le CN avait toutefois déjà fait part de sa propre estimation qui est de 200 millions $ de «fonds publics» sur 10 ans. Il avait précisé que si le but est que le coup d'oeil soit parfait pour des raisons patrimoniales — plutôt que pour simplement empêcher la détérioration de la structure — il faudrait ressortir les pots de peinture tous les 15 ans.

Le CN, dans son courriel transmis vendredi après-midi, a offert de mettre ses experts à la disposition des autorités publiques pour réaliser une nouvelle estimation du coût des travaux.

Il a aussi rappelé que depuis qu'il est le propriétaire du pont, il a réalisé des investissements très importants, dont de nouvelles mesures importantes «visant à enrayer les problèmes occasionnés par les pratiques historiques du ministère des transports du Québec».

«Nous nous sommes à ce titre déjà engagés avec le gouvernement du Québec à investir jusqu'à 95 millions $ au cours des dix prochaines années», souligne M. Feeny.

Le fédéral avait intenté un recours devant les tribunaux pour forcer le CN à terminer les travaux de peinture, interrompus en 2005, mais il a été débouté en octobre dernier.

«On a épuisé nos recours judiciaires, a souligné le ministre Lebel. J'invite le CN à combler le montage financier.»

Questionné à savoir pourquoi le gouvernement Harper avait attendu si longtemps avant d'agir, alors qu'il avait promis en campagne électorale en 2005 de s'occuper du pont, le ministre a rétorqué vendredi: «on attendait le jugement de la Cour».

Les maires de Québec et de Lévis avaient même récemment envoyé une lettre au multimilliardaire Bill Gates, qui est le principal actionnaire du CN, pour lui demander d'intervenir.

Vendredi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a remercié les ministres fédéraux et provinciaux présents à l'annonce, soulignant qu'il s'agit de la première fois que tous les pouvoirs publics se rallient pour aider «notre pont en mal d'amour».

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