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Le pape François est arrivé en Turquie (VIDÉO)

28/11/2014 07:48 EST | Actualisé 28/01/2015 05:12 EST

ANKARA, Turquie - Le pape François a condamné vendredi la «violence barbare» du groupe armé État islamique contre les chrétiens et les membres d'autres minorités religieuses en Irak et en Syrie, tout en demandant aux leaders musulmans de la planète de s'élever contre les extrémistes qui déforment la religion pour justifier la terreur.

Le pape a fait ces commentaires peu de temps après s'être posé en Turquie, à l'occasion de son deuxième déplacement au Moyen-Orient cette année.

Il a répété que le recours à la force est justifié pour bloquer la progression des djihadistes. Il a aussi appelé à un plus grand dialogue entre les chrétiens, les musulmans et les membres de toutes les religions pour mettre fin au fondamentalisme.

«La solidarité de tous les croyants doit répondre au fanatisme et au fondamentalisme, tout comme aux peurs irrationnelles responsables de l'incompréhension et de la discrimination», a lancé le pape François aux dirigeants turcs, alors qu'il était accueilli au majestueux palais du président Recep Tayyip Erdogan.

Le pape a salué la décision de la Turquie d'accueillir 1,6 million de réfugiés et croit que la communauté internationale a une «obligation morale» d'aider Ankara à s'en occuper.

Sa visite survient au moment où ce pays musulman se questionne sur la stratégie à adopter face aux djihadistes du groupe armé État islamique qui s'activent le long de sa frontière avec la Syrie et l'Irak. Les États-Unis font aussi pression sur la Turquie pour qu'elle participe plus activement à la lutte aux extrémistes.

Le pape a plus tard rencontré Mehmet Gormez, le principal leader religieux de Turquie, et d'autres dirigeants religieux.

«En tant que leaders religieux, nous devons dénoncer toutes les violations de la dignité humaine et des droits de la personne, a-t-il dit. À ce titre, toute violence qui recherche une justification religieuse doit être sévèrement condamnée puisque (...) Dieu est vie et paix.»

La Turquie reproche au groupe État islamique de faire planer une ombre sur l'Islam et estime que les pays musulmans ont le devoir de s'opposer aux positions radicales de l'organisation. La Turquie réclame la création d'une zone sûre et d'une zone d'exclusion aérienne le long de sa frontière avec la Syrie, et demande à la coalition d'aussi chercher à renverser le président syrien Bachar el-Assad.

«Ceux qui s'éloignent du message de l'Islam — un appel à la paix — et répandent la violence et la sauvagerie se rebellent contre Allah, peu importe le nom qu'ils se donnent», a dit M. Gormez, pour réitérer l'opposition de la Turquie aux fondamentalistes.

Le président Erdogan s'est plaint de la montée de l'islamophobie en Occident et a prévenu que les préjugés envers les musulmans stimulent la croissance de groupes islamistes au Moyen-Orient et en Afrique.

«Ceux qui se sentent défaits, lésés, opprimés ou abandonnés (...) peuvent devenir vulnérables à être exploités par des organisations terroristes», a dit M. Erdogan.

Il a dit espérer que la visite du pape viendra renforcer les liens entre chrétiens et musulmans.

Le pape a été accueilli par plusieurs dignitaires turcs, avec à leur tête le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, quand il est descendu de son avion à l'aéroport Esenboga d'Ankara. Il a inspecté une garde d'honneur turque avant de prendre la direction du mausolée érigé à la mémoire du fondateur de la république turque, Mustafa Kemal Ataturk, où il a déposé une gerbe de fleurs.

«Mon souhait est que la Turquie, un pont naturel entre deux continents, ne soit pas uniquement une intersection, mais également un point où les hommes et les femmes de toutes les cultures, de toutes les ethnies et de toutes les religions puissent vivre ensemble dans le dialogue», a-t-il écrit dans le livre des invités du mausolée.

La visite de trois jours permettra aussi au pape de renouer avec la petite communauté chrétienne turque — moins de 1 pour cent des Turcs sont catholiques — et de rencontrer le leader spirituel des chrétiens orthodoxes du monde, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier.

Le pape visitera deux des lieux les plus impressionnants d'Istanbul: la basilique Sainte-Sophie (ou Hagia Sophia, le musée qui était auparavant une église byzantine et une mosquée) et la mosquée Sultan Ahmet, le plus important lieu de culte musulman de Turquie.

Les médias turcs rapportent que 2700 policiers ont été mobilisés à Ankara pour assurer la sécurité du pape. Un tribunal a aussi autorisé la police à arrêter et à fouiller au hasard les véhicules et individus le long des trajets empruntés par le souverain pontife.

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