POLITIQUE

Le milieu municipal québécois veut suspendre l'étude du projet Énergie Est

27/11/2014 04:41 EST | Actualisé 28/11/2014 12:08 EST
Bloomberg via Getty Images
Denis Coderre, mayor of Montreal, speaks during an interview in New York, U.S., on Monday, April 14, 2014. Coderre, former Canadian immigration minister, was elected mayor of Quebec's largest city in November of last year. Photographer: Scott Eells/Bloomberg via Getty Images

Préoccupées par les façons de faire de TransCanada, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et l'Union des municipalités du Québec (UMQ) demandent aux autorités fédérales de suspendre l'évaluation du projet d'oléoduc Énergie Est de l'entreprise.

En conférence de presse, jeudi, les organisations ont estimé que TransCanada n'avait toujours pas fourni certaines informations essentielles lorsqu'elle a déposé ses documents devant l'Office national de l'énergie (ONE), le 30 octobre.

« C'est un projet questionnable, a dit le président de la CMM et maire de Montréal, Denis Coderre. On est loin d'être convaincu, parce qu'on n'a pas vu toutes les études d'impact. La compagnie n'a pas fourni à l'ONE le tracé présenté à notre équipe. »

D'après l'UMQ, quelque 70 municipalités et MRC sont concernées par ce projet visant à transporter quotidiennement environ un million de barils de pétrole à travers cet oléoduc de quelque 4600 kilomètres.

L'ONE, qui a suspendu l'inversion du flux de l'oléoduc de la Ligne 9B d'Enbridge en raison de préoccupations, doit appliquer la même rigueur à l'endroit de TransCanada, croit la CMM - qui regroupe 82 villes.

M. Coderre a rappelé que la sortie effectuée par l'organisme en septembre dernier au sujet de deux conditions du projet d'inversion avait incité l'ONE à aller plus loin et demander plus d'informations à Enbridge.

Selon lui, il revient à TransCanada de faire la preuve que son projet est sécuritaire, ce qui, à son avis, n'a pas encore été fait.

Vers un changement de tracé?

Un porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a reconnu que certains documents déposés devant l'ONE pouvaient être différents par rapport à ce qui avait été présenté auparavant, parce que les consultations de l'entreprise se poursuivent.

Au cours d'un entretien téléphonique, M. Duboyce a affirmé à plusieurs reprises que la société albertaine était prête à changer le tracé de son oléoduc. « Nous allons soumettre comme annexe au dépôt une carte avec des mises à jour, a-t-il dit. Ça risque de changer parce que l'on continue nos consultations. »

L'UMQ et la CMM se sont également montrées particulièrement préoccupées par les méthodes de TransCanada, qui, selon elles, demandent des ententes de confidentialité lorsque vient le temps de fournir de nouveaux documents.

« Ils veulent qu'on porte le singe sur nous, que les citoyens viennent nous voir en nous demandant des documents qu'on ne peut pas donner », a dit l'administrateur de l'UMQ et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay.

M. Coderre n'a pas voulu dire ce qu'il comptait mettre de l'avant s'il devait essuyer un refus de l'ONE dans le dossier du projet Énergie Est, puisque, jusqu'ici, ce « processus » semble fonctionner.

« Autant, au début, je pensais que c'était édenté cette affaire-là, autant qu'aujourd'hui on se rend compte que le président (de l'ONE) a mis ses culottes », a-t-il affirmé.

La CMM a par ailleurs réitéré que les réponses fournies par Enbridge concernant ses préoccupations sur deux conditions du projet d'inversion étaient incomplètes. Elle estime toujours que ses questions sur les conditions 18 et 20 demeurent « toujours sans réponse ».

Il s'agit des conditions du franchissement des cours d'eau de l'oléoduc - qui traverse entre autres la rivière des Mille Îles, la rivière des Prairies et celle des Outaouais - ainsi que des plans de mesure d'urgence.

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