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Québec part à la chasse aux «places fantômes» en garderie

27/11/2014 06:13 EST | Actualisé 27/11/2014 06:13 EST
Elke Van de Velde via Getty Images

Les parents qui réservent une place en garderie pour leur bambin mais qui ne l'utilisent pas comme prévu seront pénalisés, a annoncé mercredi la ministre de la Famille, Francine Charbonneau. Les centres de la petite enfance (CPE) seront aussi mis à l'amende, et cela afin « d'optimiser » les services de garde éducatifs subventionnés au Québec.

« Il y a des places qui sont supposées être occupées, et qui ne le sont pas », a rappelé la ministre Charbonneau en décrivant certaines failles du système. Par exemple, certains parents se « réservent » une place avant d'en avoir besoin, et la paient, car le coût reste faible, à 7,30 $ par jour. D'autres familles n'ont besoin que de trois jours de garde par semaine, mais acceptent d'en payer cinq pour conserver leur place.

Le projet de loi 27, déposé à l'Assemblée nationale en début de journée, prévoit que les parents et les services de garde subventionnés devront remplir une entente de service établissant les conditions de garde de l'enfant.

Advenant une déclaration frauduleuse, les parents ne perdraient pas leur place, mais ils devraient en assumer le plein coût, soit 60 $ par jour, pour une période de trois mois. Quant au service de garde, il recevrait aussi une amende variant entre 250 $ et 1000 $.

Selon le rapport sur la révision des programmes déposé dimanche par l'ex-ministre Lucienne Robillard, il y a eu, pour l'année fiscale 2013-2014, plus de dix millions de journées d'occupation en garderie sans présence d'enfant. Et l'État aurait déboursé plus de 280 millions de dollars pour ce service fantôme.

« On va enfin utiliser les places de façon optimale et c'est ça notre objectif », a répété Francine Charbonneau. « Notre objectif, c'est de s'assurer que quelqu'un est dans la place. Est-ce qu'on va récupérer la somme? Probablement pas, mais je vais m'assurer qu'il y a quelqu'un dans la place ».

La ministre n'était pas en mesure d'estimer le nombre de places ainsi libérées, mais elle croit que l'optimisation de la gestion des places fera économiser 129 millions de dollars à l'État à partir de 2017.

« C'est n'importe quoi »

Le président de l'Association des centres de la petite enfance du Québec, Louis Sénécal, n'a pas mâché ses mots pour décrier le projet de loi 27.

« C'est bien évident que les parents se cherchent des places et quand ils en trouvent une, ils veulent la garder. Et ce n'est pas en sanctionnant les parents qu'on va régler le problème : c'est en créant des places de qualité », a déclaré M. Sénécal. « C'est n'importe quoi », a-t-il lâché.

Les partis d'opposition sont du même avis. « Les places sont tellement rares dans le réseau qu'on comprend les parents de vouloir absolument les garder à tout prix », a ainsi déclaré le porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille, Mathieu Traversy.

Pour la caquiste Lise Lavallée, « on ne peut pas faire porter l'odieux à des parents qui sont en manque de place, qui ont peur de perdre leur place, alors que le gouvernement devrait faire un travail beacoup plus rigoureux. »

L'Association québécoise des CPE et le Parti québécois tiendront un point de presse jeudi matin pour réagir plus avant à ce projet de loi ainsi que pour présenter leur plan d'action pour défendre le réseau des services de garde éducatifs.

Avec des informations de Pascal Poinlane et Julie Dufresne

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