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La peine d'amour des sœurs Dufour-Lapointe

27/11/2014 05:25 EST | Actualisé 27/11/2014 05:26 EST
CP

À leur retour au Québec en mars, les sœurs Dufour-Lapointe ont été happées par un tourbillon médiatique qui les a conduites sur le plateau des émissions les plus populaires et sur moult tapis rouges, sans compter les séances de photos pour des magazines à la mode, le doublage du film Les avions et une collection d'accessoires d'après-ski.

Un texte de Manon Gilbert

« On se sent très choyées. Ce sont de belles occasions qui nous ont permis de découvrir différents aspects qu'on aime », explique l'aînée Maxime.

Mais à travers toutes ces expériences plus enrichissantes les unes que les autres, elles ont dû faire un deuil, celui de leurs entraîneurs Jean-Paul Richard et Marc-André Moreau, qu'elles considéraient presque comme leur âme sœur. Le premier a accepté de nouvelles fonctions au Comité olympique canadien, tandis que le second a été promu directeur de la haute performance bosses et sauts.

« Veux, veux pas, on a vécu une peine d'amour, dans un sens. On était rendues à un point où l'on se comprenait par le regard en haut de la piste, comme à Sotchi. On faisait un ensemble », confie Chloé qui a remporté la médaille d'argent aux Jeux olympiques.

« On a un nouvel entraîneur, c'est une grosse donne pour nous », ajoute la championne olympique Justine.

Michel Hamelin, qui a travaillé avec Alexandre Bilodeau pendant le dernier cycle olympique, prend le relais. Il aura comme adjoint Vincent Sigouin, un ex-membre de l'équipe de bosses et aujourd'hui physiothérapeute.

« Avec Alex, c'était assez simple. On savait où on était rendus. On avait une chimie, soutient l'entraîneur. Mais travailler avec des filles, c'est plus mon style. Je fais plus de commentaires et de discussions, je les regarde dans les yeux, c'est la façon dont je coache naturellement. J'ai dû m'ajuster avec Alex. Là, je me sens plus à ma place. »

Après six mois, la nouvelle union reste encore à apprivoiser, surtout pour les deux plus jeunes Chloé et Justine.

« Il y a encore des moments difficiles, parfois quand ça ne va pas trop bien à l'entraînement, avoue Chloé qui fêtera son 23e anniversaire mardi. C'est sûr qu'on doit travailler encore plus fort sur les pentes pour trouver des solutions, mais on va grandir de ça. »

De son côté, Justine reconnaît que l'adaptation à la nouvelle équipe d'entraîneurs représente l'un de ses plus grands défis de la saison.

« Je dois apprendre un nouveau langage, c'est quelqu'un de différent. Pour moi, c'est psychologique, c'est surtout ça. On est tous bons. Mais qui va faire la différence? C'est la personne qui va se sentir bien en haut, estime la bosseuse de 20 ans.

« Il y a un ajustement. L'une des choses que je veux travailler le plus, c'est de créer une nouvelle relation avec mes entraîneurs. Je veux avoir une relation aussi forte que j'avais avec mes anciens entraîneurs. Ce n'est pas facile. C'est un gros défi que je me lance, et l'un des plus durs pour moi peut-être. »

« Elles s'autosuffisent »

Michel Hamelin ne s'en fait pas trop. Il a l'habitude du métier. Il est prêt à prendre le temps qu'il faut et n'a même aucun problème à ce que les trois sœurs fassent bande à part à l'extérieur des pistes.

« Les filles étaient attachées à leurs entraîneurs. Lorsqu'elles font confiance à quelqu'un, c'est inconditionnel et très fort. Leur confiance est difficile à acquérir. Mais là, je commence à sentir la connexion, même si ça fait deux semaines que je ne leur ai pas parlé.

« Elles ont toujours été ensemble. Jeunes, elles faisaient du voilier tous les week-ends. Elles sont habituées d'être dans un petit environnement. Elles s'autosuffisent. »

Nouvel entraîneur ou pas, sur la piste, les ambitions des trois skieuses sont toujours aussi élevées. Respectivement 2e, 3e et 4e derrière la gagnante du globe de cristal Hannah Kearney la saison dernière, Justine, Chloé et Maxime ne visent rien de moins que les trois premiers rangs.

« On a eu une incroyable saison, ça nous donne le goût encore plus de sortir de nos gonds, d'essayer de nouvelles choses, d'aller encore plus vite et d'en profiter », affirme Justine.

Et pourquoi pas un premier triplé? À sept reprises en 2013-2014, aux Jeux olympiques et en Coupes du monde, les sœurs ont réussi un doublé. D'ailleurs, Michel Hamelin s'attend à ce que Maxime surprenne pour une deuxième saison de suite, puisqu'elle ajoutera un périlleux arrière avec une vrille à son arsenal de sauts.

Foi des trois sœurs, après un été fou, elles sont maintenant prêtes à reprendre là où elles avaient laissé en mars dernier. Elles s'envolent samedi pour Ruka, en Finlande, où se déroulera la première Coupe du monde le 13 décembre.

« On a de belles ambitions en ski, on en a d'autres hors ski. Et ça nous donne beaucoup d'idées pour planifier notre après-carrière, affirme Maxime. Pour l'instant, on n'oublie pas que nous sommes des athlètes. C'est ça notre premier rôle dans lequel on se sent bien, et on a hâte d'aller skier. »

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