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Les films à l'affiche, semaine du 28 novembre 2014: «Méchants patrons 2», «Altman», «La chambre bleue»... (PHOTOS)

27/11/2014 02:41 EST | Actualisé 27/11/2014 02:41 EST
Mediafilm

Échaudés par les abus de leurs anciens employeurs, Nick, Dale et Kurt décident de lancer leur propre compagnie. Armés d'une invention révolutionnaire, une douche distributrice de savon, ils partent à la recherche d'un investisseur pour les aider à la commercialiser. Méchants patrons 2 s'annonce aussi déjantée que le premier volet.

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Films de la semaine - 28 novembre 2014

ALTMAN

Canada. 2014. 95 min.

Documentaire de Ron Mann.

Depuis les premiers pas de Robert Altman comme scénariste, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à son trépas survenu en 2006, ce documentaire retrace chronologiquement la vie et la carrière de cette figure marquante du cinéma indépendant américain. Les archives familiales permettent de reconstituer le puzzle de sa vie privée, centré sur la figure de son épouse Kathryn Reed, rencontrée à la fin des années 1950, et qui l'a accompagné jusqu'à son dernier souffle. Parallèlement, le film passe en revue les oeuvres les plus acclamées d'Altman (M*A*S*H, NASHVILLE, THE PLAYER, SHORT CUTS), produites à la barbe des grands studios auxquels il n'a jamais voulu adhérer, mais également ses échecs, dont POPEYE reste le plus marquant.

Ron Mann (TWIST, GRASS) signe une biographie étonnamment sage d'un artiste anticonformiste. Assemblant efficacement les grandes étapes de la vie privée et professionnelle d'Altman, au moyen de nombreuses archives et d'extraits de ses films, Mann omet cependant d'approfondir les enjeux qui ont marqué la carrière du brillant réalisateur.

LA CHAMBRE BLEUE

France. 2014. 75 min.

Drame policier de Mathieu Amalric avec Mathieu Amalric, Laurent Poitrenaux, Stéphanie Cléau, Léa Drucker, Serge Bozon, Blutch .

Chaque jeudi, Julien Gahyde passe devant la pharmacie dans l'espoir de voir accrochée à la fenêtre de l'étage une serviette rouge. C'est le signal pour lui qu'Esther Despierre, sa maîtresse, l'attend allongée nue dans leur chambre d'hôtel. Mariée à l'ami d'enfance de Julien, Esther aimerait bien que celui-ci quitte sa femme Delphine afin qu'ils vivent leur amour au grand jour. Ayant failli être surpris par son rival, Julien, résolu à mettre fin à cette liaison, emmène son épouse et leur fille en vacances. Peu de temps après, le mari d'Esther meurt d'une soi-disant attaque. Cette dernière envoie alors à Julien des lettres le pressant de revenir vers elle. Puis, Delphine meurt empoisonnée. Interrogé par le juge d'instruction, Julien se remémore ses après-midis avec sa maîtresse, les morsures qu'elle lui infligeait aux lèvres et les billets mystérieux qu'elle lui envoyait. Plus il se rappelle d'Esther, plus il se croit l'objet d'une machination de sa part.

Demeuré fidèle au roman de Georges Simenon, Mathieu Amalric en a épaissi le mystère par une structure éclatée et fluide où les éléments sont distribués au compte-gouttes. Bien servi par une mise en scène élégante et intimiste, LA CHAMBRE BLEUE tire également sa force de la qualité de son interprétation.

FENNARIO - THE GOOD FIGHT

Canada. 2014. 69 min.

Documentaire de Martin Duckworth.

La vie et l'oeuvre du dramaturge montréalais David Fennario, né David Wipe, surtout célèbre pour sa pièce "Balconville" et son engagement politique au sein du parti Québec Solidaire.

JIMI - ALL IS BY MY SIDE

États-Unis. 2013. 118 min.

Drame biographique de John Ridley avec Andre Benjamin, Hayley Atwell, Imogen Poots, Andrew Buckley, Oliver Bennett, Tom Dunlea, Ruth Negga.

En 1966, Jimmy James, guitariste prodigieux, se produit dans des clubs mal famés de New York. Éblouie par son talent, Linda Keith, petite amie de Keith Richards des Rolling Stones, invite plusieurs gros bonnets de l'industrie à venir l'écouter. Mais personne ne s'intéresse au style flamboyant du jeune homme. Linda convainc alors l'ex-Animals Chas Chandler de le prendre sous son aile. Suivant le conseil de Linda, Jimmy adopte le pseudonyme de Jimi Hendrix et, sur les encouragements de Chas, part faire carrière en Angleterre, où la scène musicale est en pleine effervescence. Peu de temps après son arrivée à Londres, Jimi fait la connaissance de la jeune Kathy Etchingham, dont il tombe follement amoureux, au grand dam de Linda. Puis, grâce à Chas, le guitariste rencontre le bassiste Noel Redding et le batteur Mitch Mitchell, avec lesquels il forme The Jimi Hendrix Experience, un trio qui va bouleverser l'univers de la musique rock.

Malgré le jeu honnête d'André Benjamin, cette évocation bavarde des débuts de Hendrix risque de décevoir les fans de ce dernier. Certes, la réalisation de John Ridley (scénariste de 12 YEARS A SLAVE) s'avère compétente, mais elle ne peut faire oublier l'absence - pour des raisons légales - des succès du légendaire musicien.

LA MARCHE À SUIVRE

Canada. 2014. 75 min.

Documentaire de Jean-François Caissy.

Durant toute une année scolaire, Jean-François Caissy s'installe à l'école secondaire Antoine Bernard, dans la petite ville de Carleton-sur-Mer en Gaspésie. Il filme les grands espaces entourant l'établissement, où les élèves expérimentent une liberté singulière, ainsi que, à huis clos, les rencontres de certains d'entre eux avec des professeurs et assistantes sociales, où se révèlent des situations difficiles. William, par exemple, a plusieurs fois été expulsé de sa classe en raison de son comportement. Kim s'est battue avec une autre élève. Félix doit signer un contrat par lequel il s'engage à mieux se comporter. D'autres encore sont aux prises avec des problèmes de drogues, de violence ou d'inattention durant les cours.

Captant au vol ce qui se joue durant le passage de l'adolescence à l'âge adulte, le réalisateur de LA BELLE VISITE part du "micro" pour mieux questionner le "macro", soit l'institution scolaire, à la manière de Frederick Wiseman ou Raymond Depardon. Superbement photographié, ce portrait touchant et amusant se compose de fluides plans-séquences.

MÉCHANTS PATRONS 2

États-Unis. 2014. 108 min.

Comédie de Sean Anders avec Jason Bateman, Jason Sudeikis, Charlie Day, Chris Pine, Christoph Waltz, Jennifer Aniston, Kevin Spacey, Jamie Foxx.

Échaudés par les abus de leurs anciens employeurs, Nick, Dale et Kurt décident de lancer leur propre compagnie. Armés d'une invention révolutionnaire, une douche distributrice de savon, ils partent à la recherche d'un investisseur pour les aider à la commercialiser. Mais les entrepreneurs maladroits se font rapidement flouer par Bert Hanson, un riche homme d'affaires. Les trois amis partent alors demander conseil à Dave, ex-patron de Nick purgeant une peine de prison, et à Dean, l'ex-prisonnier qui avait tenté de les aider à liquider leurs employeurs. Au terme de ces rencontres, les trois compères planifient de kidnapper Rex Hanson, le fils de Bert, afin de reprendre les rênes de leur entreprise. Ils sont alors surpris de constater que le jeune homme est disposé à les aider à commettre leur crime, en échange d'une part de la rançon réclamée à son père. Sur un autre front, Dale, maintenant marié et papa de triplés, se débat avec son ex-patronne, la dentiste Julia, qui souhaite toujours lui mettre le grappin dessus.

Cette suite décevante et désordonnée d'une comédie à succès de 2011 prend la forme d'une satire facile et bouffonne du milieu des affaires, où l'humour bas de gamme est roi. On n'en retient que l'interprétation enjouée de Jason Bateman, Charlie Day et Jason Sudeikis.

LA MUSE ERRANTE

Canada. 2014. 94 min.

Documentaire de Tamas Wormser.

De l'Argentine à l'Allemagne, du Québec à l'Ouganda, de New York à l'Andalousie, le réalisateur part à la rencontre de musiciens issus de la diaspora juive. Entre tradition et modernité, se dessine le portrait d'une identité et d'une culture en perpétuelle mutation.

Dans la tradition du cinéma direct, LA MUSE ERRANTE célèbre avec entrain la vitalité inépuisable de la musique juive. Mais faute de fil conducteur, le film n'approfondit aucune dimension, donnant une impression de flou et de confusion. Une présence envahissante de la musique, incorporée sans grand naturel au récit, accentue ce sentiment.

LES PINGOUINS DE MADAGASCAR

États-Unis. 2014. 92 min.

Film d'animation de Eric Darnell et Simon J. Smith.

Jeunes pingouins de l'Antarctique, Skipper, Kowalski et Rico trouvent un oeuf duquel sort un de leurs semblables, qu'ils baptisent Private. Dérivant sur un bloc de glace vers le continent, les quatre palmipèdes, sous l'impulsion du fantasque et autoritaire Skipper, s'engagent dans une folle carrière d'agents secrets et brillent dans les zoos à travers le monde. Leur succès fait de l'ombre à la pieuvre Octavius Brine, qui met tout en oeuvre pour les capturer, ainsi que les autres pingouins de la Terre, afin de transformer ces animaux adorables en horribles mutants. Pour combattre le mollusque marin assoiffé de vengeance, Skipper et sa bande obtiennent l'aide non sollicitée d'un autre groupe d'agents secrets, dirigé par un loup adepte des dernières trouvailles technologiques.

Les excentriques pingouins espions de la série MADAGASCAR ont maintenant droit à leur film, une aventure fantaisiste et rocambolesque enlevée mais d'un humour inégal, sur les thèmes de l'apprentissage et du besoin d'être apprécié à sa juste valeur. La réalisation énergique et colorée va de pair avec une animation de qualité.

WHIPLASH

États-Unis. 2013. 106 min.

Drame musical de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist, Paul Reiser, Austin Stowell, Nate Lang.

Convaincu d'être le prochain Buddy Rich, le jeune Andrew Neyman, inscrit à un prestigieux conservatoire de musique de Manhattan, fait en sorte d'attirer l'attention de Terence Fletcher, le chef de l'orchestre de jazz de l'établissement, qui cherche de nouveaux candidats. Son audace paie, car le renommé professeur accepte de le prendre dans sa classe. Mais il réalise vite que ce mélomane rigoureux n'hésite pas à user de violence et de cruauté mentale pour obtenir de ses étudiants des performances parfaites. Soucieux de faire mieux que son père, écrivain raté devenu enseignant, le jeune homme s'investit corps et âme pour mériter sa place au sein de l'orchestre de Fletcher. Il décide même de mettre brutalement fin à une idylle pourtant prometteuse avec une charmante fille de son âge, craignant que le manque d'ambition de cette dernière ne fasse obstacle à ses rêves de gloire musicale.

Ce récit captivant, mais par moments invraisemblable, sur l'ambition forcenée et les abus commis au nom de l'art, est mis en scène de manière à la fois impressionniste et vigoureuse par Damien Chazelle (l'inédit GUY AND MADELINE ON A PARK BENCH). Face au très solide Miles Teller (THE SPECTACULAR NOW), J.K. Simmons (SPIDER-MAN) est tout bonnement époustouflant.

LES YEUX JAUNES DES CROCODILES

France. 2014. 123 min.

Comédie dramatique de Cécile Telerman avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart, Alice Isaaz, Patrick Bruel, Jacques Weber, Karole Rocher, Édith Scob, Samuel Le Bihan.

Iris et Joséphine sont deux soeurs dans la quarantaine que tout oppose. La première, belle, riche et élégante, mène une vie de Parisienne frivole. La seconde, moins jolie et effacée, est une intellectuelle spécialiste de l'histoire des femmes au XIIe siècle. Un soir, lors d'un dîner mondain, Iris se vante d'écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa soeur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d'écrire ce livre à sa place. Iris le signera, mais l'argent des droits d'auteur reviendra à Joséphine. À sa sortie, le roman est encensé par la critique puis connaît un succès public prodigieux. La vie des deux soeurs s'en trouve alors radicalement transformée.

Cette adaptation du best-seller de Katherine Pancol se perd dans des sous-intrigues peu étoffées. Reposant sur une logique de conte de fées où les méchants sont punis et les bonnes personnes récompensées, le récit peine à trouver le ton juste, alors que la réalisation de Cécile Telerman (TOUT POUR PLAIRE) regorge de clichés. L'interprétation est toutefois solide.